Architecture   



 

Les baptistères et leur architecture

 

 

le plan octogonal ou le passage par l'octogone

 

 

L’octogone constitue une forme architecturale[1] comprise comme évocatrice du baptême, sacrement de la Pâque du Christ,

sacrement de notre paques de la mort à la vie, de ce monde au Père.

 

Le baptistère fut anciennement indépendant de l'église, destiné à l'administration du baptême, ceci encore à l’époque romane. De plan carré, triconque, tétraconque, circulaire, hexagonal ou octogonal, il comportait une vasque ou une piscine creusée au centre. Quand le baptême par simple infusion remplaça le baptême par immersion, la vasque, élevée, devint les fonts baptismaux; elle fut placée, à partir du XIVe siècle, à l'intérieur et à l'entrée de l'église, ce qui fit disparaître les baptistères.

Souvent la forme octogonale (8 côtés) domine, en raison du symbolisme du chiffre huit. Comme le huitième jour – « le jour du Seigneur » – de la manifestation seigneuriale de Dieu, la manifestation de son Règne », le baptistère aux huit côtés est le symbole de la vie éternelle dans laquelle le fidèle entre par le sacrement de l’eau et de l’esprit. Tels les baptistères de St Jean du Latran, de Fréjus ou des Ariens de Ravenne (milieu V°).

 

En Asie Mineure, en Syrie,  en  Palestine existait toute une série d’ édifices chrétiens  en forme d’octogone dès l'époque de Constantin jusqu'à l'âge de Justinien. Par ex : les constructions anciennes constantiniennes de l’église de la Nativité de Bethléem  comprenant le sanctuaire/mémorial en forme d’octogone.

Avec les baptistères ce sont aussi les martyria, lieux de culte à la mémoire de martyr(s).

Tels Césarée Maritime du V°, Hiérapolis/ Pamukkale du V° où l’apôtre Philippe aurait été lapidé, St vital à Ravennes (VI°).

Des églises de plan rayonnant type  octogonal cf les églises anciennes d’Ethiopie ou en occident : des églises carolingiennes influencés par l’architecture byzantine, l'ancienne abbatiale d'Ottmarsheim IX°(Alsace)

mais aussi  la chapelle romane funéraire de Montmorilon (fin XI°)

 

Le plan architectural des églises a vu apparaître l’octogone.

Le plan carré  est recouvert d’une coupole avec l’octogone pour transition et passage.

La forme carrée exprime le terrestre, la terre, le créé.

La coupole, comme voûte céleste, le ciel. Le cercle, de même.

On passe généralement du carré à la coupole par l’octogone en construisant[2] réalisé par la mise place de « trompes »  d’angle aux 4 angles. 

 

On voit ainsi l’octogone  dans les petites églises byzantines classiques en forme de croix grecque du IX-X°, avec une coupole centrale. Saint Siméon en Syrie constitue un exemple tout particulier avec église en forme de croix grecque (4 basiliques à 3 nefs) ayant en leur centre, de plan octogonal, la colonne-mémorial.

Nous sommes dans une même vision symbolique. La liturgie comme rencontre et communion de la terre et du ciel, introduisant les fidèles dans le monde divin. On y accède par le baptême, sacrement de la vie éternelle.



[1] Les architectes chrétiens ont emprunté le type octogonal à l'Antiquité. Dès le IV[e] siècle, il fut répandu en Orient ainsi qu'en Occident, d'abord pour des martyria et des baptisteria et puis pour des églises de culte normal, et c'était le cas de l'église de Sebastopolis. L'architecture paléochrétienne du littoral oriental du Pont Euxin fut liée à l'Asie Mineure, à la Syrie et à la Palestine, où existait toute une série des octogones dès l'époque de Constantin jusqu'à l'âge de Justinien – ‘’Cat-inist’’, CNRS : Une église octogonale a Sebastopolis en Abkhazie : un rapport préliminaire des fouilles en 1989-1990 

[2] Deux systèmes différents permettent le raccordement du plan carré à la coupole : Les pendentifs qui permettent à une coupole de plan circulaire de s'articuler directement à un plan carré. Les trompes, formées de quatre arcs placés dans les angles qui transforment le carré en octogone : contrairement aux pendentifs, les trompes ne se raccordent pas totalement à la forme circulaire de la voûte.

 


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