avec un Musulman?   



 

mariage

entre un catholique

et un musulman

 

 

 

un musulman et une catholique peuvent-ils se marier à l'église?

 

 

Oui ce mariage est possible.

Il existe des couples islamo-chrétiens  qui partagent après leur mariage des réalités de foi spécifiques.

 

Ces mariages posent des questions propres ...au plan humain et spirituel pour chacun et pour le couple.

Si l'homme musulman est un vrai musulman : il  y a des incidences quant à la situation religieuse des enfants "les enfants sont considérés comme appartenant au père et devant nécessairement suivre sa religion".

Dés lors, la vie de foi chrétienne pour l'épouse et la liberté que les enfants puissent devenir effectivement chrétiens (choix possible) sont des aspects primordiaux qui retiennent l’attention.

 

Si l’épouse est musulmane, il y a une attention à avoir vis-à-vis de  sa liberté de conscience

Comme à l’égard de son autonomie propre.

 

L'Eglise ne demande pas à la partie non-chrétienne de renoncer à sa foi. Elle désire que la partie qui se déclare et se veut chrétienne puisse l'être effectivement. Elle croit que malgré les difficultés de ces mariages appelés "mixtes", il y a une richesse spirituelle donnée et à vivre.

 

La position religieuse et d'appartenance de chacune des parties est si variée que  c'est l'entretien concret avec un prêtre qui permettra d'accueillir votre projet et de le situer en vérité par rapport à ce que les chrétiens croient et à ce que l'Eglise veut célébrer.

 

N'hésitez donc pas à prendre contact avec un prêtre.

Le secrétariat (catholique) des relations avec l’islam a élaboré depuis des années un remarquable dossier au sujet des mariages islamo-chrétiens.

 

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La position de ces  mariages interreligieux fait apparaître une variété des situations. Quand l’un des conjoints est musulman, il faut évoquer la différence de conception entre le mariage dans l’Islam et le mariage chrétien. En effet, au regard de la loi musulmane, la famille patriarcale forme la colonne vertébrale de la société. Les enfants n’appartiennent donc pas au couple, mais à la lignée paternelle. Dans le mariage chrétien, par contre, les enfants appartiennent au couple lui-même.

 

D’un point de vue juridique 3 cas peuvent être envisagés:

  • L’homme est musulman et étranger :  il faut se renseigner, car, en vertu d’accords bilatéraux entre la France et un certain nombre de pays musulmans, la loi civile qui régit le couple est celle du mari (même si le couple vit en France). Ceci explique que les enfants soient, dans ce cas, considérés comme juridiquement musulmans.
  • L’homme est musulman et français, le couple est soumis à la loi française.
  • La femme est musulmane (française ou étrangère) : c’est actuellement, le cas d’un tiers des unions islamo-chrétiennes conclues en France. Ce mariage est considéré comme nul par l’islam, et les enfants comme illégitimes aux yeux de la famille maternelle.

 

D’un point de vue pastoral, d’autres questions se posent, en particulier, celle de savoir où le couple compte s’établir : les belles familles ne réagissent pas de la même manière en milieu européen (assez individualiste) et en Afrique (notamment si le couple décide de s’établir dans la famille du mari). Voir aussi si l’intéressé appartient aux nouvelles générations de l’immigration  , selon son appartenance effective à l’Islam ou non , selon la proximité avec le pays d’origine… sans oublier que les séparations entre :  religion , appartenance communautaire , pratiques  du mariage compte tenu des lois des Etats ( France ou un pays  ) comme des lois religieuses et coutumes , ainsi que les séparations provenant du contexte social et culturel ne sont pas aussi  tranchées et nettes …

 

Tout cela demandera à être pris en compte

Plusieurs points demandent  attention :

q       l’accord sur les fondements du mariage chrétien

q       la pastorale commune aux mariages “ dispars ”

le respect de chacune des parties , et notamment la liberté de la partie catholique de pratiquer et de vivre sa foi , étant connu - de l’autre partie - l’engagement qui lui est demandé de faire son possible pour que ses enfants soient baptisés et éduqués dans la foi .  Il importera donc que le couple connaissant les engagements respectifs , recherchent les voies les honorant ; il importera que la partie catholique ne soit pas empêchée de présenter la foi chrétienne et la faire découvrir. L’idéal serait que les deux conjoints apprennent comment témoigner, chacun, positivement de sa foi sans jamais dénigrer celle de l’autre.

q       Le mariage chrétien demandera la délivrance de la  dispense de disparité de culte demandée par le ministre chargé de la préparation.

 

 

La célébration demandée est substantiellement celle d’un mariage catholique, puisque le couple a choisi de s’adresser à un ministre catholique. On sera, cependant, aussi accueillant que faire se peut au besoin d’expression de la partie musulmane. Un texte coranique pourra trouver place si la partie musulmane le souhaite et le demande : il sera introduit et situé par le ministre ou l’officiant  dans une attitude d’accueil . ” L’usage veut , lors de la passation du contrat de mariage dans le droit musulman , de réciter la Fâtiha (1er chapitre du Coran) . Malgré sa beauté , sa récitation lors d’un mariage à l’Eglise est, sans doute, à éviter . En effet sa récitation peut revêtir aussi le sens d’une conversion à l’Islam où elle tient lieu de notre credo . Sa récitation , en présence des deux époux , pourraient laisser croire qu’ils se joignent par leur silence , à la profession de foi qu’elle comporte . Il y a donc risque de confusion…  Pour dissiper les ambiguïtés on peut inviter chacun des conjoints à exprimer sa foi en une prière ; la partie musulmane peut alors réciter la fâtiha, conformément à l’usage en droit islamique et la partie catholique peut exprimer sa foi par le credo”[1][1]ou tout texte l’exprimant . Que ce soit à l’Eglise ou ailleurs ( lors du contrat du mariage– voir célébration musulmane ci-après ).

 

La célébration chrétienne - si on le jugeait opportun pour tenir compte des difficultés de la partie musulmane et de sa famille - pourrait se dérouler ailleurs que dans l’église .( dans un local paroissial par exemple ou un autre lieu éventuellement ) - ce n’est pas le bâtiment-église qui fait le mariage chrétien devant l’Eglise mais la célébration et principalement l’échange des consentements sous forme publique devant le curé et deux témoins - l’église est cependant un lieu symbolique qu’il conviendra de ne pas tenir pour neutre et secondaire.

 

 

Une dispense de  forme canonique pourrait être demandée si de graves raisons sociales , juridiques et culturelles demandaient que le mariage soit reconnu par l’Eglise sans célébration religieuse. En ce cas , en France , le mariage civil devient suffisant. Procédure cependant à éviter , car elle tend à diminuer la dimension sociale du mariage et sa visibilité. En ce cas–ci , elle peut donner à penser que l’Eglise n’accueille pas vraiment ces mariages , risquant de ne connaître que la visibilité de coutumes islamiques. Rappelons, toutefois, qu’entre le tou (mariage à l’Eglise) et le rien (seulement le mariage civil) toute une gamme d’options reste possible, y-compris celle d’un moment de prière commune à organiser selon les circonstances.

 

La présence d’un imâm à la célébration catholique est-elle possible ? En général, non. Les imâms se refusent à participer à tout ce qui pourrait être la prière officielle d’une autre religion. Au cas où la mariée est musulmane, une telle participation devient impensable.

 

La célébration musulmane  traditionnelle est –elle possible ?

Bien distinguer 2 éléments :

Le rite du mariage musulman (échange de consentement entre l’époux et le père de l’épouse avec remise de la dot et conclusion par la Fâtiha)
Il  est déconseillé de doubler la célébration civile et la célébration catholique d’un autre rituel musulman. Ceci s’applique encore plus rigoureusement dans le cas où cette cérémonie entraînerait la soumission du couple à deux législations différentes : celle de la France et celle du pays où serait passé ce contrat à valeur juridique reconnue par l’Etat.

Les festivités traditionnelles familiales.

“ la participation à cette fête n’est pas à exclure à priori , cependant il est important  de vérifier que la célébration de la célébration du mariage en la forme musulmane ne vient pas compenser ou doubler la célébration chrétienne et encore moins libérer des engagements  pris réciproquement. Il convient d’aider les futurs époux à apprécier l’opportunité de cette célébration et des explications claires doivent êtres données . Il est souvent difficile de distinguer les aspects familiaux , sociaux , civiques  et religieux du mariage musulman. Pour que la participation de la partie catholique à cette festivité  soit possible , il convient que soient remplies des conditions de réciprocité

Ø      pas de confusion : la partie chrétienne demeure chrétienne malgré la récitation de la Fâtiha en sa présence . .  en aucun cas la partie chrétienne ne peut s’associer à cette récitation ; il doit être clair que son silence ne signifie pas participation. Elle peut d‘ailleurs demander à être représentée à ce contrat par l’un des siens 

Ø      que la partie chrétienne soit traitée avec respect et honneur – “ pas récupération ”

Ø       la célébration musulmane ne doit pas passer sous  silence les engagements des 2 mariés  , notamment de la partie catholique et les nécessaires concessions qu’ils doivent se faire l’un à l’autre”

 

Un dossier du Secrétariat pour les relations avec l’Islam   ( 3° édition 1995 ) est un outil indispensable : “ Les mariages islamo-chrétiens – dossier pour l’accueil des couples islamo-chrétiens demandant le mariage à l’Eglise catholique ” - 7 Fiches : Le mariage en Islam ; le mariage interreligieux dans l’Eglise catholique , le cas d’un conjoint musulman ; Pour aider le dialogue avec le couple ; la célébration ; l’accompagnement des couples Islamo-chrétiens ; la situation juridique des couples islamo-chrétiens les jeunes musulmans de France et le mariage aujourd’hui . Il est aussi recommandé aux ministres qui reçoivent une demande d’accompagnement de couple islamo-chrétien de s’adresser à la personne nommée par l’évêque comme Délégué Diocésain pour les relations avec l’Islam pour en recevoir conseils et suggestions concernant cet accompagnement ou la forme de célébration souhaitable dans ce genre de cas.

 

CT in  " Dossiers SNPLS  n° 14- Le sacrement de mariage, Guide pastoral du nouveau rituel, cerf, 2006



[1] Fiche 4 – la célébration – les mariages islamo-chrétiens - SRI

 


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