divorcés remariés ?   



 

DIVORCÉS REMARIÉS

 

Conférence des Evêques de France Lourdes 2002   

 

Les Evêques de France ont en en 2002 , lors de leur assemblée plénière de Lourdes, réfléchi à la Pastorale du mariage. Le n°9 évoque les personnes divorcées remariées

 9- Tout divorce implique des souffrances. Nous ne jugeons pas celles et ceux qui y ont recours ou qui y sont contraints.

Par fidélité au caractère unique et définitif de leur mariage, certaines personnes divorcées choisissent de ne pas se remarier. Nous reconnaissons la grandeur de ce choix conforme à l’appel de l’Evangile.

D’autres décident de contracter une nouvelle union civile. Certaines veulent être accompagnées par la prière de l’Eglise dont elles sont et demeurent membres. Une telle prière ne peut pas prendre la forme d’une célébration, laquelle présenterait les signes extérieurs d’un mariage sacramentel.

Par respect de la cohérence entre les deux sacrements de l’Alliance, l’eucharistie et le mariage, l’Eglise leur propose différents modes de participation à sa vie ainsi que des moyens d’accompagnement pour un cheminement spirituel.

 

***************

 

comment savoir si, compte-tenu d'une première union,

il est possible de se marier à l'Eglise catholique

L'un des 2 est une personne divorcée.

L'Eglise ne peut marier des personnes qui ont contracté antérieurement un légitime mariage.
Pour pouvoir apprécier ce qu'il en est, il faut connaître 3 choses :
- la personne divorcée qui demande à se remarier:
        * est-elle baptisée catholique?
        * s'est-elle mariée lors de son premier mariage à l'Eglise catholique
- le conjoint dont elle a divorcé
        * est-il un baptisé catholique? un baptisé-non-catholique? un non-baptisé?

Ce sont les données ici concernées qui permettent de reconnaître ou non le mariage antérieur comme légitime, et donc en conséquence de  pouvoir célébrer le Sacrement de mariage  ou pas.  Il sera toujouts bon de pouvoir échanger de tout cela avec un prêtre, si on le souhaite, quoi qu'il en soit...                                        

 

***************

 Pourquoi ? Comment évaluer ?

L'Eglise a une conception du mariage fondé sur l'Evangile. Elle accorde une  valeur absolue à l'engagement des époux. Elle ne reconnaît pas le divorce. Tant que les personnes engagées dans une (première) union sont en vie, leur lien est indestructible (indissoluble). Il ne peut pas y avoir de célébration de mariage pour les personnes (baptisées catholiques) divorcées d'une première union  qui a été célébrée à l'Eglise.
Si l'Eglise ne connaît pas et ne reconnaît pas le divorce, si elle accorde une telle valeur au mariage, il lui appartient de se prononcer sur la validité d'une union - si quelque réalité avait affecté  la vérité du consentement du premier mariage au moment où il avait été contracté. C'est le tribunal de l'Eglise qui apprécie selon son droit propre et sa conception du mariage (les 4 piliers du mariage à savoir  la liberté du consentement, la fidélité, l'indissolubilité du lien, la fécondité consentie ): cette instance judiciaire se nomme  "l'officialité".  Voir la page consacrée  à cette question. Je vous invite à vous y reporter

***************

                          Si donc un mariage - avec ce que cela comporte - ne peut être envisagé tant qu'un mariage antérieur ne se trouve pas dissous (cf supra), une pastorale des divorcés-remariés existe, pour accompagner un nouveau couple dans sa vie chrétienne et dans sa foi - mais ceci relève d'une  approche différente que celle du mariage et du rite qui le caractérise...   ce qui suppose un travail de clarification, en correspondance avec ce que l'Eglise prévoit en ce cas, selon ses orientations. On trouvera ci-dessous un modèle de cette pastorale, ainsiles orientations prises par l'Archevêque de Strasbourg

 

un accompagnement possible : un temps de prière pour les personnes divorcées remariées[1]

 un temps de prière peut être envisagé avec le nouveau couple. Cela suppose que l'on s'est établi dans une vérité de la démarche Pour décider de l’opportunité d’une telle démarche, il convient de tenir compte des circonstances de la séparation et des répercussions possibles sur l’ancien conjoint et l’ensemble de la communauté.

Ainsi est-il recommandé au couple de choisir un autre jour que celui du remariage civil, si possible avant celui-ci.

Il convient de distinguer l’invitation à la mairie de l’invitation au temps de prière.

Il est souhaitable de trouver un autre lieu que l’église paroissiale,  en veillant à n’entretenir aucune ambiguïté quant à la nature de ce temps de prière – au cours duquel il n’y aura ni échange de consentement, ni bénédiction d’alliance, ni bénédiction nuptiale, ni signature de registre.

Voici un déroulement possible d’un tel temps de prière :

  • Les participants prennent le temps de s’accueillir.
  • L’assemblée écoute un ou plusieurs passages de l’Ecriture et y répond par un psaume ou un chant.
  • Au nom des personnes présentes, quelqu’un lit la prière d’intercession pour tous les couples, pour ceux qui n’ont pas pu vivre une première alliance, pour tous ceux qui souffrent, pour les enfants d’une première union, pour confier cette famille à Dieu et s’en remettre à sa miséricorde…
  • Le couple peut exprimer sa prière, lire un texte ou un poème, exprimer ses souhaits…
  • Après la prière du Notre Père, le président peut offrir aux conjoints une croix ou une image sainte à placer dans leur domicile.

Je demande aux prêtres d’accueillir à la fois avec discernement et bienveillance la demande de prière adressée à l’Eglise par des personnes divorcées à l’occasion de la formation d’un nouveau couple. Ils s’efforceront d’aider les demandeurs à faire la vérité sur eux-mêmes et sur ce qu’ils souhaitent effectivement signifier dans leur démarche, et à éviter tout malentendu quant à la signification de ce moment de prière qui n’est ni un remariage sacramentel, ni un substitut de mariage religieux."

 

Mgr Doré - Strasbourg

 



[1] Ceci est un texte du diocèse de Strasbourg.

 


© 2014 CT