Initiation : trois sacrements    



 

 

 

Les 3 sacrements 

de l’initiation chrétienne

 Les 3 sacrements et l’initiation chrétienne

 

Introduction :

L’initiation chrétienne se définit en fonction de trois sacrements : baptême, confirmation, eucharistie.

En quoi l’eucharistie initie-t-elle à la fois, de manière propre et en lien avec le baptême et la confirmation ? Comment l’eucharistie reprend-elle la vie baptismale ?

Il s’agit d’entrer dans une démarche d’ordre symbolique et non dans une démarche d’ordre informatif.

 

1- Plans de l’organisme sacramentel :

 Il existe trois plans possibles pour aborder l’organisme sacramentel :

-         la compréhension théologique, propos constamment tenu : l’Église maintient toujours l’énoncé de l’unité des trois sacrements, même si la pratique s’en écarte.

(Voir Sacramentum caritatis ; Benoît XVI, n°17):

-         la pratique  liturgique  et la mise en œuvre des 3 sacrements et de leur unité,  au long de l’histoire de l’Histoire de l’Eglise, avec les variations de pratiques (histoire de la théologie des sacrements et histoire de la liturgie)

-         la réalisation pastorale  : c’est-à-dire  la réalisation concrète relative à  un temps donné, à des besoins concernant la vie chrétienne,appelant des réponses nouvelles nécessaires soit générales, soit particulières à l’égard des personnes et des situations ;  ce que l’on détermine de faire en rapport et en accord avec la pensée et  l’agir de l’Église. On met alors en place des dispositifs convenus  sous la responsabilité des Evêques (aidés par ceux  et celles à qui sont confiées des responsabilité dans cette part de la mission ecclésiale).

 

Il est nécessaire de maintenir un dialogue entre ces trois plans. Comme il faut du temps pour assimiler les changements qui interviennent, il y a nécessairement  une appréciation des dispositifs à avoir et une évaluation des usages, sans oublier la place du discernement pour vérifier les pratiques retenues.

 

2-L’initiation chrétienne :

Par les trois sacrements du baptême, de la confirmation et de l’eucharistie, on est fait chrétien et membre de l’Eglise, corps du Christ.

La référence et le modèle de l’initiation chrétienne est à trouver dans le baptême des adultes et non dans celui des petits-enfants.

Les 3 rituels de baptême (initiation chrétienne des adultes, petits enfants et des enfants en âge de scolarité), présentent les mêmes premiers paragraphes, 1 et 2.

 

L'INITIATION CHRÉTIENNE

 

1- Par les sacrements de l'initiation chrétienne, les hommes, délivrés de la puissance des ténèbres, morts avec le Christ, ensevelis avec lui et ressuscités avec lui, reçoivent l'Esprit d'adoption des fils et célèbrent avec tout le peuple de Dieu le mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur .

 

En trois sacrements

 

2 - Par le baptême, en effet, les hommes deviennent un seul corps dans le Christ pour former le peuple de Dieu. Ils reçoivent le pardon de tous leurs péchés et, arrachés à la puissance des ténèbres, ils passent de la condition humaine dans laquelle ils naissent comme fils d'Adam à l'état de grâce et d'adoption des fils de Dieu2 : leur naissance de l'eau et de l'Esprit Saint fait d'eux une création nouvelle ; ils sont appelés fils de Dieu, et ils le sont réellement .

 

Dans la confirmation, marqués par le don de l'Esprit, ils sont plus pleinement configurés au Seigneur et remplis de l'Esprit Saint pour être capables de rendre témoignage devant tous et d'amener le plus tôt possible le Corps du Christ à sa plénitude.

 

Enfin, en participant à l'assemblée eucharistique, ils mangent la chair et boivent le sang du Fils de l'homme pour avoir en eux la vie éternelle  et manifester l'unité du peuple de Dieu ; en s'offrant eux-mêmes avec le Christ, ils prennent part au sacrifice universel, qui est l'offrande à Dieu par le Christ, souverain prêtre, de toute l'humanité rachetées ; et ils obtiennent que, par une effusion plus abondante du Saint-Esprit, tout le genre humain parvienne à l'unité de la famille de Dieu .

 

C'est ainsi que les trois sacrements de l'initiation chrétienne conduisent ensemble à leur pleine stature les fidèles qui exercent, dans l'Église et dans le monde, la mission de tout le peuple chrétien.

 

3-L’unité des trois sacrements :

 

a- 3 gestes à comprendre ensemble :

-3 signes associés dans une approche première qui  introduisent dans un être-avec   : bain/purification, onction/marque de respect, repas/convivialité. Ces trois gestes, ensemble, relus à la lumière des rites d’accueil et de l’hospitalité  viennent indiquer en effet  l’hospitalité de Dieu, l’intégration dans sa maison et l’appartenance à la vie de Dieu : être reçu par Dieu !

 

Par ailleurs, le sacrement ne réside pas dans la seule ‘’matière’’, mais dans l’action  accomplie : baigner, oindre, manger, ce qui est signifié et réalisé par là.

A vrai dire ces 3 gestes : bain, onction, repas eucharistique ont été célébrés communément, conjointement pendant 3 siècles environ, sans qu’on ait un discours autonome sur chacun d’eux. La distinction et la dénominations spécifique des sacrements  sont des données du début du II° millénaire (organisation des 7 sacrements vers 1150) .

 

-Tous mettent en jeu la même réalité : la Pâques du Christ ,le mystère de la Trinité (à l’œuvre dans le sacrement et en nous), le rôle de l’ Esprit Saint, l’incorporation au Christ et à l’Eglise,. On ne peut  attribuer une réalité à l’un de manière exclusive. On ne peut donc forcer des langages de distinctions ternaires, et durcir les spécificités :le baptême serait relation au Père et à la filiation ; la confirmation, la vie dans l’Esprit, l’ eucharistie : l’ incorporation au Christ et à l’Eglise. Cela relèverait d’une abstraction arbitraire. Au contraire les mêmes données, les mêmes réalités manifestant l’unique Mystère du Christ se reprennent, s’approfondissent.

Il y a conjonction de ces 3 gestes dans un acte unique, un unique processus, une unique réalité. Chacun des sacrements est sacrement de la Pâque du Christ, chacun est œuvre de la Trinité, nous rend participants de la vie divine. Tous sont sacrements d’incorporation, tous sont accomplis par l’Esprit-Saint, acteur du don de Dieu.

 

-Les  signes, sceau d’une autre réalité[1]

Le propre du sceau est de sceller, d’attester, de perfectionner, parfaire.

 

o       dans l’approche première connue, le sceau s’applique particulièrement à la confirmation… comme d’ailleurs au baptême et à l’ordre. Le sceau - ou caractère pour utiliser un terme d’une catégorie voisine -  traduit une disposition, une capacité, chez celui qui reçoit ce sacrement, à s’engager dans le culte à rendre à Dieu, un pouvoir spirituel ordonné à la célébration du culte divin dans toutes ses dimensions (cf St Thomas).

o       dans un sens élargi , précieux, instructif, le sceau est un processus de correspondance entre deux réalités ou plus exactement deux éléments d’une même réalité. Il est un acte d’attestation, d’amplification, de validation et de soulignement entre deux éléments (une parole et un geste). Ainsi :

                                     -le bain ou la plongée dans l’eau est le sceau de la profession de  foi

                                      baptismale                         

                                     -la confirmation est le sceau du baptême 

                                     -lors de l’eucharistie, le geste de paix est le sceau de la prière qui

précède.

                                     -l’eucharistie est le sceau du baptême et de la confirmation[2].

 

Le sceau est un signe qui donne sa plénitude à un autre signe. C’est le propre du langage symbolique. Il s’agit de lier les trois signes dans un unique processus.

 

§         RICA 211 et 202

« ce lien  [entre baptême et  confirmation] manifeste l’unité du mystère pascal, le rapport étroit entre le mission du fils et le don de l’Esprit Saint, et la conjonction de ces sacrements par lesquels le fils et l’Esprit sont communiqués avec le Père aux baptisés » n° 211

 

« le sacrement de baptême, de confirmation et d’eucharistie constituent la dernière étape de l’initiation chrétienne. Recevant le pardon de leurs péchés, les catéchumènes sont incorporés au peuple de Dieu, adoptés comme fils de Dieu, introduits par l’Esprit-Saint dans le temps de l’accomplissement des promesses, et ils goûtent déjà au festin du Royaume par le sacrifice et le repas eucharistique.

§         L’unité du mystère pascal est symbolisé (actualisé) par la mission du Fils et le don de l’Esprit ; l’eucharistie est le sceau de notre insertion dans le mystère pascal.

§         Benoit 16

« Par l’Eucharistie comme un sceau en nous, nous réactualisons la présence humble et concrète du Christ, pour nous-même, pour les autres ».

§          Jean-Paul II

« Les paroles qui instituent le sacrement de l'Alliance nouvelle et éternelle, l'Eucharistie, constituent en quelque sorte le sceau sacramentel de la volonté éternelle du Père et du Fils, alors qu'arrive « l'heure » de son accomplissement définitif. » Jean Paul II Lettre aux prêtres 1987

 

 

b- situer cette unité :

Il ne s’agit pas seulement de connaître, de comprendre et d’adhérer à la doctrine catholique pour devenir chrétien, mais de s’ouvrir à ce que les sacrements vont réaliser en nous. La dimension ecclésiale, le lien et la vie avec la communauté sont essentiels. La liturgie telle qu’elle nous est proposée par le rituel de l’Eglise est en elle–même une véritable initiation, lieu de mémoire et d’actualisation, lieu d’identité et d’appartenance, de naissance et de croissance (approche des sacrements de St Thomas d’Aquin). Dans l’initiation chrétienne se joue toute la rencontre de Dieu et de  l’humanité. Les sacrements ne sont pas seulement opérateurs de grâce, mais médiations de l’agir du Christ. Dans cette perspective, les sacrements sont par eux-mêmes pour ceux qui les célèbrent  lieux de rencontre, d’évangélisation, mémoire vive de l’Alliance de Dieu.

Dans les trois sacrements, c’est le Christ qui initie : l’eucharistie reprend le baptême et la confirmation, et  baptême et confirmation trouvent leur actualisation dans l’eucharistie. Les trois sacrements sont sacrements d’identité et d’appartenance.

 

c-Unité de temps et étapes

Aujourd’hui, on prend de plus en plus conscience de  la nécessité de ne pas séparer

les 3 éléments essentiels de l’initiation. Avec la mise en œuvre de Vatican II, l’initiation chrétienne (des adultes) devient la référence de la manière du devenir chrétien.

Il en découle quelque incidence sur l’ordre chronologique des sacrements, mais surtout,de manière primordiale, sur l’intelligence de leur relation. Ils constituent un arc en ciel avec chacun une couleur spécifique, qu’on ne peut extraire de l’unité d’ensemble , cf l’arc-en-ciel sacramentel (pour reprendre le titre d’un fascicule de la faculté de Théologie de Lyon, jadis publié.).

-Le rituel et les étapes du catéchuménat :

C’est la l’attention portée aux étapes avant et après la célébration des sacrements de l’initiation des adultes, qui permettra de faire progresser la question de l’unité dans le temps des trois sacrements.

Il s’agit sans doute moins d’étaler les sacrements ou de différer tel sacrement  que d’engager un temps véritablement post-baptismal . On peut, peut-être, convenir, que bien des façons d’étaler l’initiation, (les 3 sacrements sur un an) provient pour une part d’une insuffisance de mise en place de l’après-initiation avec ce que celle-ci réclame (notamment lors du temps mystagogique)..

La progression se vit  pendant l’itinéraire catéchuménal  : cf scrutins, symbole ; elle n’est pas à comprendre et à situer dans la mise en œuvre des 3 gestes. Cela veut donc dire qu’il faut dès lors sans doute préparer conjointement au baptême, à la chrismation et à l’eucharistie (ce qui est peu fait semble-t-il selon  l’aveu des accompagnateurs), disons plutôt qu’il s’agit de préparer à la pleine initiation

On découvre mieux aujourd’hui la place et la signification de toutes les étapes (avant, les gestes sacramentels eux-mêmes, l’après-sacrement), ainsi que la nécessité d’une progression post-sacramentelle.

 

-Le spécifique de l’après, le temps de la mystagogie :

Il est essentiel de travailler à bien mettre en évidence le temps de la mystagogie, qui fait partie de l’initiation, d’avoir, d’une certaine manière, la même considération pour l’après sacrement que pour l’avant…

Le temps de la mystagogie est défini et limité : durant le temps pascal, avec une célébration de clôture à Pentecôte. Il n’y pas d’étape en soi, ni de statut comme tel, là où l’on serait tenté de parler de « néophytat ». Il y a un temps qui vise à passer dans le quotidien de la vie ecclésiale et chrétienne.

On notera cependant qu’au vu des difficultés reconnues, ce temps peut-être moins défini : en effet, le rituel propose un temps de reprise un an après.

-         Les propositions du Rituel pour la mystagogie : messes pour les néophytes                 (voir modalités à leur sujet ); rassemblement avec l’Evêque, formes  de mystagogies (catéchèses ; récits de vie et relectures)

-         Le sacrement de Réconciliation a sa parfaite cohérence avec l’initiation chrétienne, en particulier avec le baptême qu’il fait revivre : naître par le baptême et renaître par la réconciliation .

-         L’ insertion dans une communauté, dans l’Assemblée (eucharistique)

 

Dans l’initiation chrétienne, l’enjeu est de proposer des cheminements qui s’appuient et font déjà vivre de la grâce sacramentelle qu’ils préparent cf texte national p 43, 54

 

4- Baptisés et confirmés en vue de l’eucharistie » Sacramentum Caritatis 17

 

a- Reprise de la vie baptismale par l’eucharistie :

q       dans toutes ses dimensions : homme nouveau, monde nouveau,  cieux nouveaux, vie pascale. La liturgie eucharistique, en son commencement, reprend le baptême : cierge pascal s’il y a lieu, signe de croix, aspersion éventuellement,

q       dans une construction : édification

q       dans une consécration : don

q       dans l’exercice d’une vie pour un culte spirituel :« fais de nous-même une éternelle offrande à ta gloire »

 

Vivre avec le Christ s’établit avec une force inégalée dans l’eucharistie qui porte l’initiation à sa plénitude. La conversion au Christ commencée au baptême, se poursuit dans l’eucharistie, elle-même chemin de conversion. Elle réalise une conversion permanente. 

 

b- Confirmation et Eucharistie :

L’Esprit  nous conforme au Christ : L’Esprit inscrit le Corps du Christ dans la vie de l’Eglise et notre vie propre.

Il rend présent Dieu en notre humanité, réalise le corps du Christ, le corps historique  : le Verbe s’est fait chair, dans le sein de la Vierge Marie.

Il rend présent le corps du Christ ressuscité, de même que le corps ecclésial naît de l’Esprit  à Pentecôte.

De même dans l’eucharistie , il rend le Christ mort et resuscité, glorifié.. Par l’épiclèse [invocation adressée au Père pour qu’il envoie l’Esprit « sur »], le pain et le vin deviennent par sa puissance de sanctification et de consécration, le corps et le sang sacramentels du Christ. Ce qu’il advient du pain et du vin, se réalise par l’action de l’Esprit pour l’assemblée transformée en Corps du Christ.

 

La tradition patristique lie l’Esprit au baptême et à l’eucharistie. L’image du feu évoque son action sanctifiante, dans le baptême (feu et eau), et dans l’eucharistie : (feu et pain.)

Par le don de son corps et de son sang, le Christ fait grandir en nous le don de son Esprit reçu au baptême et offert comme sceau dans le sacrement de la confirmation ; il nous fait devenir un seul corps et un seul Esprit.

 

Saint Augustin a exprimé cette relation des 3 gestes dans une approche symbolique forte, décrivant la réalisation accomplie par l’ensemble du processus . Il évoque ceux, celles qui ont été «  engrangés »au moment de l’entrée en catéchuménat : « vous avez, tout au long de celui-ci été  moulus par les jeûnes et les exorcismes ; alors vous êtes venus à la  fontaine baptismale  pour être  imbibés d’eau, puis vous avez été cuits au feu de l’Esprit, et vous êtes devenus le pain du Seigneur. Soyez donc ce que vous voyez et recevez ce que vous êtes.» (Sermons 227//272).

 

 

c- L’Eucharistie initie en lien avec le baptême et la confirmation :

q       Baptême et confirmation conduisent à l’eucharistie, sceau de la réconciliation

q       Venir à l’eucharistie, c’est recevoir le gage, le sceau que l’Esprit qui peut transformer le pain et le vin au Corps et au Sang de Jésus, peut aussi nous transformer, peu à peu, pour que nous devenions de vrais enfants de Dieu.

 

 

 

d- l’Eucharistie initie de manière propre :

q       L’eucharistie comme sacrement de l’Eglise, du Royaume (Cf le titre donné par Alexandre Schmemann à son ouvrage : « l'eucharistie, sacrement du Royaume), c’est-à-dire sacrement du monde de Dieu qui nous est donné. L’eucharistie initie en nous introduisant constamment dans la vie du royaume. Celui-ci est un don, il ne résulte pas de notre agir… même si nous participons à sa construction.

q       L’eucharistie comme sceau de la communauté : « Or, le sceau de cette communauté était la fraction du Pain et la bénédiction du Vin dans un contexte essentiellement liturgique, charismatique, eucharistique ». (Mgr Stéphanos L’eucharistie, sacrement de l’Eglise, corps du Christ)

q       L’eucharistie dans sa dimension eschatologique : l’eucharistie annonce l’accomplissement de la vie, la réalisation  notre devenir, de celui du monde . Elle préfigure l’à-venir de Dieu.

- elle ouvre sur le déjà la des noces éternelles (la vie de pleine alliance dans une joie sans fin), liant étroitement la table eucharistique au festin céleste. Elle transfigure le temps, le temps personnel et celui de l’Histoire. Elle fait vivre une tension entre le présent et l’avenir, qui est spécifique à la vie chrétienne.

q       L’eucharistie, sacrement de l’unité et de la charité de l’Église, dans le Christ : être un dans le Christ avec les frères. Cyrille de Jérusalem, pour exprimer cette unité, utilise les mots que l’on aime traduire par  « consanguins » avec le Christ et entre frères et « concorporels » [du même corps] ou convertis dans la vie du Christ. L’eucharistie nous établit dans l’Amour. La fraternité est une conséquence  et une concrétisation de la filiation, de la vie nouvelle en Christ.

q       Par l’eucharistie, « conformés » ou « configurés »au Christ cf KT 1391-1398[3] : les fruits de la communion

 

L’eucharistie est le sacrement de la configuration au Christ jusqu’à notre dernière pâque (le viatique). Notre vie nouvelle commence au baptême et se consolide dans l’eucharistie tout au long de notre existence humaine.

 

© CT - St Rambert en Bugey, les 7, 8, 9 juillet 2008

 

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Textes cités

 

Homélie 272 - § 379 Pourquoi sous l'apparence du pain? Ne disons rien de nous-mêmes; écoutons encore l'Apôtre, voici comment il s'exprimait en parlant de ce sacrement : « Quoiqu'en grand, nombre, nous sommes un seul pain, un seul corps (2) ». Comprenez et soyez heureux. O unité ! ô vérité ! ô piété ! ô charité ! « Un seul pain ». Quel est ce pain? « Un seul corps ». Rappelez-vous qu'un même pain ne se forme pas d'un seul grain, mais de plusieurs. Au moment des exorcismes, vous étiez en quelque sorte sous la meule; au moment du baptême, vous deveniez comme une pâte ; et on vous a fait cuire en quelque sorte quand vous avez reçu le feu de l'Esprit-Saint. Soyez ce que vous voyez, et recevez ce que vous êtes. Voilà ce qu'enseigne l'Apôtre sur ce pain sacré.

Mais, sans même en parler, c'est dire suffisamment ce que nous apprend ce calice. Pour former cette apparence sensible de pain, on unit avec l'eau, la farine de plusieurs grains, symbole de ce que dit l'Écriture des premiers fidèles,, lesquels « n'avaient qu'une âme et qu'un cœur  envers Dieu » ; ainsi en est-il du vin. Rappelez-vous, mes frères, comment il se fait. Voilà bien des graines suspendues à la grappe ; bientôt elles ne formeront qu'une même liqueur.

 

  Homélie 227  §246 « Si  nombreux que nous soyons, dit en effet l'Apôtre, nous sommes tous un seul pain, un seul corps  ». Ainsi fait-il connaître la signification de ce sacrement, reçu à la table du Seigneur : « Nous sommes tous un seul pain, un seul corps; si nombreux que nous soyons ». Ce pain sacré nous apprend donc combien nous devons aimer l'union.

En effet, est-il formé d'un seul grain? N'est-il pas au contraire composé de plusieurs grains de froment? Ces grains, avant d'être transformés en pain, étaient séparés les uns des autres; l'eau a servi à les unir après qu'ils ont été broyés. Car si le froment n'est moulu, et si la farine ne s'imbibe d'eau, jamais on n'en fait du pain. C'est ainsi que durant ces jours passés vous étiez en quelque sorte écrasés sous le poids des humiliations du jeûne et des pratiques mystérieuses de l'exorcisme. L'eau du baptême est venue comme vous pénétrer ensuite, afin de faire de vous une espèce de pâte spi. rituelle. Mais il n'y a pas de pain sans la chaleur du feu. De quoi le feu est-il ici le symbole? Du saint chrême: car l'huile qui enta tient le feu parmi nous est la figure de l'Esprit-Saint. Soyez attentifs à la lecture des Actes des Apôtres; c'est maintenant, c'est aujourd'hui même qu'on commence à lire cet ouvrage, et quiconque veut faire des progrès dans la vertu, trouve là des moyens pour réussir. Quand vous venez à l'église, laissez de côté vos vains entretiens et appliquez-vous à étudier les Ecritures; nous sommes pour vous comme les livres qui les renferment. Remarquez donc et reconnaissez que le Saint-Esprit descendra le jour de, la Pentecôte. Comment viendra-t-il ?Comme un feu, puisqu'il s'est montré sous la forme de langues de feu. C'est lui en effet qui nous inspire la charité afin de nous, enflammer d'ardeur envers Dieu et de nous pénétrer de mépris pour le monde, afin encore de consumer en nous ce qui d comme la paille et de purifier notre cm comme on purifie l'or. Ainsi donc le Saint-Esprit viendra comme le feu après l'eau, et vous deviendrez un pain sacré, le corps de Jésus-Christ. N'est-il pas vrai alors que le sacrement de la table sainte nous rappel l'unité ? ».

 

 



[1] Catéchisme de l’Eglise Catholique - § 698 Le sceau est un symbole proche de celui de l’Onction. C’est en effet le Christ que " Dieu a marqué de son sceau " (Jn 6, 27) et c’est en lui que le Père nous marque aussi de son sceau (2 Co 1, 22 ; Ep 1, 13 ; 4, 30). Parce qu’elle indique l’effet indélébile de l’Onction de l’Esprit Saint dans les sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l’Ordre, l’image du sceau (sphragis) a été utilisée dans certaines traditions théologiques pour exprimer le " caractère " ineffaçable imprimé par ces trois sacrements qui ne peuvent être réitérés.

[2] Le sacrement du baptême est couronné, scellé par celui de l’eucharistie

 

[3] Catéchisme de l’Eglise Catholique - 1391 La communion accroît notre union au Christ. Recevoir l’Eucharistie dans la communion porte comme fruit principal l’union intime au Christ Jésus. Le Seigneur dit en effet : " Qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui " (Jn 6, 56). La vie en Christ trouve son fondement dans le banquet eucharistique : " De même qu’envoyé par le Père, qui est vivant, moi, je vis par le Père, de même, celui qui me mange, vivra, lui aussi, par moi " (Jn 6, 57) :

Lorsque dans les fêtes du Seigneur les fidèles reçoivent le Corps du Fils, ils proclament les uns aux autres la Bonne Nouvelle que les arrhes de la vie sont donnés, comme lorsque l’ange dit à Marie de Magdala : " Le Christ est ressuscité ! " Voici que maintenant aussi la vie et la résurrection sont conférées à celui qui reçoit le Christ (Fanqîth, Office syriaque d’Antioche, volume 1, Commun, 237a-b).

1392 Ce que l’aliment matériel produit dans notre vie corporelle, la communion le réalise de façon admirable dans notre vie spirituelle. La communion à la Chair du Christ ressuscité, " vivifiée par l’Esprit Saint et vivifiante " (PO 5), conserve, accroît et renouvelle la vie de grâce reçue au Baptême. Cette croissance de la vie chrétienne a besoin d’être nourrie par la communion eucharistique, pain de notre pèlerinage, jusqu’au moment de la mort, où il nous sera donné comme viatique.

1393 La communion nous sépare du péché. Le Corps du Christ que nous recevons dans la communion est " livré pour nous ", et le Sang que nous buvons, est " versé pour la multitude en rémission des péchés ". C’est pourquoi l’Eucharistie ne peut pas nous unir au Christ sans nous purifier en même temps des péchés commis et nous préserver des péchés futurs :

" Chaque fois que nous le recevons, nous annonçons la mort du Seigneur " (1 Co 11, 26). Si nous annonçons la mort du Seigneur, nous annonçons la rémission des péchés. Si, chaque fois que son Sang est répandu, il est répandu pour la rémission des péchés, je dois toujours le recevoir, pour que toujours il remette mes péchés. Moi qui pèche toujours, je dois avoir toujours un remède (S. Ambroise, sacr. 4, 28 : PL 16, 446A).

1394 Comme la nourriture corporelle sert à restaurer la perte des forces, l’Eucharistie fortifie la charité qui, dans la vie quotidienne, tend à s’affaiblir ; et cette charité vivifiée efface les péchés véniels (cf. Cc. Trente : DS 1638). En se donnant à nous, le Christ ravive notre amour et nous rend capables de rompre les attachements désordonnés aux créatures et de nous enraciner en Lui :

Puisque le Christ est mort pour nous par amour, lorsque nous faisons mémoire de sa mort au moment du sacrifice, nous demandons que l’amour nous soit accordé par la venue du Saint-Esprit ; nous prions humblement qu’en vertu de cet amour, par lequel le Christ a voulu mourir pour nous, nous aussi, en recevant la grâce du Saint-Esprit, nous puissions considérer le monde comme crucifié pour nous, et être nous-mêmes crucifiés pour le monde... Ayant reçu le don de l’amour, mourons au péché et vivons pour Dieu (S. Fulgence de Ruspe, Fab. 28, 16-19 : CCL 19A, 813-814 : LH, sem. 28, lundi, off. lect.).

1395 Par la même charité qu’elle allume en nous, l’Eucharistie nous préserve des péchés mortels futurs. Plus nous participons à la vie du Christ et plus nous progressons dans son amitié, plus il nous est difficile de rompre avec Lui par le péché mortel. L’Eucharistie n’est pas ordonnée au pardon des péchés mortels. Ceci est propre au sacrement de la Réconciliation. Le propre de l’Eucharistie est d’être le sacrement de ceux qui sont dans la pleine communion de l’Église.

1396 L’unité du Corps mystique : l’Eucharistie fait l’Église. Ceux qui reçoivent l’Eucharistie sont unis plus étroitement au Christ. Par là même, le Christ les unit à tous les fidèles en un seul corps : l’Église. La communion renouvelle, fortifie, approfondit cette incorporation à l’Église déjà réalisée par le Baptême. Dans le Baptême nous avons été appelés à ne faire qu’un seul corps (cf. 1 Co 12, 13). L’Eucharistie réalise cet appel : " La coupe de bénédiction que nous bénissons n’est-elle pas communion au Sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au Corps du Christ ? Puisqu’il n’y a qu’un pain, à nous tous nous ne formons qu’un corps, car tous nous avons part à ce pain unique " (1 Co 10, 16-17) :

Si vous êtes le corps du Christ et ses membres, c’est votre sacrement qui est placé sur la table du Seigneur, vous recevez votre sacrement. Vous répondez " Amen " (" oui, c’est vrai ! ") à ce que vous recevez, et vous y souscrivez en répondant. Tu entends ce mot : " le Corps du Christ " et tu réponds : " Amen ". Sois donc un membre du Christ pour que soit vrai ton Amen (S. Augustin, serm. 272 : PL 38, 1247).

1397 L’Eucharistie engage envers les pauvres : Pour recevoir dans la vérité le Corps et le Sang du Christ livrés pour nous, nous devons reconnaître le Christ dans les plus pauvres, Ses frères (cf. Mt 25, 40) :

Tu as goûté au sang du Seigneur et tu ne reconnais pas même ton frère. Tu déshonores cette table même, en ne jugeant pas digne de partager ta nourriture celui qui a été jugé digne de prendre part à cette table. Dieu t’a libéré de tous tes péchés et t’y a invité. Et toi, pas même alors, tu n’es devenu plus miséricordieux (S. Jean Chrysostome, hom. in 1 Cor. 27, 4 : PG 61, 229-230).

1398 L’Eucharistie et l’unité des chrétiens. Devant la grandeur de ce mystère, S. Augustin s’écrie : " O sacrement de la piété ! O signe de l’unité ! O lien de la charité ! " (ev. Jo. 26, 6, 13 ; cf. SC 47). D’autant plus douloureuses se font ressentir les divisions de l’Église qui rompent la commune participation à la table du Seigneur, d’autant plus pressantes sont les prières au Seigneur pour que reviennent les jours de l’unité complète de tous ceux qui croient en Lui.

 

 


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