initiation à la liturgie   



 

 

La célébration liturgique

 

 

La célébration liturgique

 

 

Quand on " est de liturgie "  ou qu'il faut  " faire une liturgie " selon les expressions du langage courant, il convient d'entendre qu'on a la charge de préparer une célébration. Un jour, on y est convié du fait de sa responsabilité au service de la catéchèse ou d'un mouvement, ou parce qu'on est appelé à participer à une équipe liturgique paroissiale en création ou qui doit se renouveler.

"Préparer la liturgie" revient le plus souvent à "préparer une célébration", une expression qui est d'un usage plutôt récent. Beaucoup de chrétiens ne l'utilisent pas encore couramment, même si son emploi est devenu plus habituel, notamment en catéchèse. Autrefois on disait: " dire la messe ", " dire le bréviaire" " faire un enterrement ", alors qu'aujourd'hui on parlera plutôt de " célébrer l'Eucharistie " ou de "la célébration des obsèques ". Ces changements de vocabulaire soulignent des déplacements de compréhension et de pratique. Ils sont, semble-t-il la conséquence d'une bonne réception du Concile Vatican II qui a introduit de multiples changements dans la vie de la Liturgie et  dans l’organisation de la célébration elle-même. Plus qu'autrefois, on reconnaît en particulier que toute célébration engage l’Eglise entière et la participation de tous. C'est dans ce but, d'ailleurs, que doit être préparée une célébration liturgique. C'est sans doute aussi pour cela qu'il est bon qu'elle soit préparée à plusieurs. Cette préparation nécessite un savoir, un savoir-faire certes, mais aussi un "savoir-être" qui se situe au-delà des simples connaissances, même s'il peut s'appuyer sur elles. 

Pour nous guider dans cette découverte de la célébration liturgique, j'ai donc choisi trois questions qu'il ne faudrait jamais séparer:

 

-                     qu’est-ce que célébrer ?

-                     qu’est ce que la liturgie ?

-          comment préparer une célébration ?

 

 

La réforme liturgique de Vatican II: caractéristiques et apports                                          

 

La Constitution sur la liturgie du Concile Vatican II  Sacrosanctum Concilium ( SC 1964) fut préparée au cours des deux premières sessions du concile (automne 1962 et 1963). Après 50 heures de débats, les Pères conciliaires se prononcèrent le 19 novembre 1962: sur 2215 votants, 2162 votèrent pour , 46 contre, 7 bulletins furent nuls. La constitution fût promulguée le 4 décembre 1963.

 

Cinq orientations fondamentales la caractérisaient :

 

- La liturgie est l'exercice du sacerdoce du  Christ (  SC  § 7 )

- Elle est la source et le sommet  de la vie chrétienne et ecclésiale ( SC § 10 )

- Elle nécessite une participation pleine, consciente, active de tous les fidèles ( SC § 14-19 )

- Les actions liturgiques ne sont pas des actions privées mais des célébrations de l'Eglise qui manifestent la nature profonde de l'Eglise tout entière; c'est la raison pour laquelle la célébration communautaire doit toujours être préférée à la célébration individuelle, “ quasi privée ”  ( SC § 26-27 )

- L'unité substantielle des rites ne doit pas être comprise comme une uniformité rigide; il faut donc faire droit aux différences et adaptations légitimes selon les cultures (SC § 37-38).

 

 

Quatre  " principes opératoires" caractérisaient également cette réforme :

 

- la langue liturgique du peuple

- la place centrale de la Parole de Dieu

- la liturgie comme lieu catéchétique.

- le chant lié à l'action liturgique, expression de la dimension ecclésiale et communautaire

 

 

La mise en œuvre de la réforme liturgique, surtout en ce qui concerne l'eucharistie, s'est traduite dés 1964 par les lectures de la messe en français ( la "langue vernaculaire" ). Mais c'est avec la promulgation à Rome, en 1969,  de la première édition du Missel romain, des rituels du baptême des petits-enfants, du mariage et des funérailles que la réforme liturgique deviendra véritablement "opérationnelle". La parution de l'ensemble des livres liturgiques  en français s'est étalée de 1969 à 1999.

 

A cela, il faut ajouter que le concile Vatican II avait souhaité qu'il y ait, dans chaque pays, une instance chargée de la pastorale liturgique et sacramentelle. C’est ainsi que fut fondé, le 11 février 1965, le CNPL, Centre National de Pastorale Liturgique (4, Avenue Vavin, 75006, Paris). Depuis le 23 mai 1943, un centre existait déjà : le Centre de Pastorale Liturgique. Il  avait été créé par les Pères dominicains Pie Duployé et Claude A.M.Roguet.

 

 

 

            1.         Célébrer

 

Ce verbe actif – célébrer - n'est pas un terme propre au langage chrétien; il renvoie à un type d'activité qui caractérise l'être humain en général: la plupart des événements de la vie personnelle et collective font, en effet, l'objet de célébrations qui peuvent correspondre à des événements ponctuels (naissance, mariage, réussite à un examen, promotion, etc) ou à des anniversaires, des commémorations (armistice, fêtes nationales, etc). En ce qui nous concerne, on notera donc que, si l'on veut que soit identifié ce qui est célébré, le verbe "célébrer" doit être suivi d'un complément: célébrer … l'Eucharistie, un baptême, les obsèques, etc.  Mais, dans tous les cas, il s'agit de quelque chose à vivre ensemble, car la célébration a pour première caractéristique d'être une action commune à plusieurs personnes, partageant un objet commun ( naissance, anniversaire,  remise de décoration,  fête familiale de Noël  ) et  réunies à cette occasion dans un contexte solennel ou festif.

 

Les célébrations chrétiennes ne sont pas étrangères à ces différentes dimensions: elles aussi, elles correspondent à des actes vécus par plusieurs personnes, unies par et dans la même foi. Là où apparaît l'originalité de la célébration chrétienne, comme nous le verrons, c'est à la fois dans le fait que c'est le Christ Ressuscité qui réunit ces personnes, et que c'est l' l'Assemblée tout entière qui est l'acteur premier de la célébration. Comme l'a écrit le cardinal Congar, "l'ecclésia ou communauté chrétienne est le sujet intégral de l'action liturgique". Reprenant  la Constitution sur la Liturgie du Concile Vatican II, le Catéchisme de l'Eglise catholique le dit de manière plus explicite encore: " C''est toute la communauté, le Corps du Christ uni à son chef qui célèbre ”. Ailleurs, il précise que l'Assemblée qui célèbre est " la communauté des baptisés "( § 1140 & 1141 ). Conséquence de cela, si toute Assemblée, dans l'action liturgique, manifeste  la dépendance de l'Eglise vis-à-vis du Christ, toute Assemblée dit donc plus qu'elle-même, puisqu'elle est une épiphanie de l'Eglise en prière.

 

 

Des sigles à retenir

 

S.C.  :  "Sacrosanctum Concilium " - Constitution sur la Liturgie ( Concile Vatican II).

M.R. : Missel Romain

P.G.M.R. :  Présentation Générale du Missel Romain.

CNPL : Centre National de Pastorale Liturgique et Sacramentelle

CEL : Commission Épiscopale de Liturgie ( France )

CIFTL : Commission Internationale Francophone pour les Traductions et la Liturgie

 

 

 

1.1. Célébrer ensemble 

 

 

Lorsqu'on prépare une célébration, des questions s’imposent: qui célèbre ? qui sont les personnes qui vont "célébrer" ? d’où viennent-elles ? quel groupe constituent-elles ? Ces interrogations nous rappellent, avant tout travail de préparation, qu'il n'y a pas de célébration sans des personnes concrètes, rassemblées, concernées, actives. Car la célébration n'existe pas en dehors de ceux qui y participent et, pour qui, elle constitue un événement. Savoir qui célèbre demande donc que l'on soit attentif aux caractéristiques des personnes (âge, langage, culture, vie de foi, etc) ou des groupes qui vont célébrer (célébration d'un mariage, messe dominicale, rassemblement d'enfants dans le cadre de la catéchèse, etc).

L’utilisation du mot “ Assemblée ” est d’ailleurs ici riche en enseignement, puisque c’est la traduction d’un mot - “ ekklesia ” - qui désigne, d’un point de vue étymologique, une assemblée répondant à une convocation. Dans la composition de ce mot, il y a en effet “ klesis ” ( = appel ) et “ ek ” ( = de). Il s’agit donc d'un appel à sortir pour aller. Par le fait même, l’Eglise  - transcription  du même terme  ekklesia – n'existe que dans ce double mouvement permanent de se rassembler et de se disperser . On pressent alors l'affinité qu’il y a entre l'Eglise et l'Assemblée, puisque l’Assemblée manifeste l'Eglise et qu’elle en est, en quelque sorte, le sacrement. De manière plus particulière, l’Assemblée liturgique donne corps à l'Eglise, dans l'histoire des hommes et la vie de ce monde. Mais on l’aura compris, l'Assemblée n'est pas une fin en-soi, encore moins une  parenthèse. Elle a comme caractéristique d'être appelée à se disperser pour aller dans le monde.

 

 

 

 

       Assemblée et communauté

 

Au mot “ Assemblée ” on préfère souvent aujourd’hui celui de “ Communauté ”. Si l’on en croit son étymologie, ce dernier mot désigne un groupe ou un rassemblement de personnes animées par un même esprit ou porteuses d’un projet commun. Si cela est important, y compris dans un contexte liturgique, il faut pourtant rappeler que l’Eglise ne peut être jamais totalement identifiée à une communauté humaine ( groupe appartenant à un même milieu professionnel ou social, de même âge, de même culture etc  ). Au contraire, à l’intérieur de l’Eglise, tout groupe particulier est invité à s'ouvrir à d'autres groupes et d’autres communautés. C’est cette condition de l'identité "catholique" (universelle)  qu’évoque précisément le mot “ Assemblée ”.

 

On lira ici avec profit ces réflexions de J.Gélineau: "La communauté est indispensable à l'Assemblée pour que l'Assemblée soit vivante – avant, pendant, après -,  riche d'abord  d'une vie antérieurement partagée. De même l'Assemblée réclame une communauté qui ultérieurement continuera d'unir ses membres et de les soutenir pour former et manifester l'Eglise, Corps du Seigneur. Cependant l'Assemblée et la communauté ne se recoupent pas absolument , elles ne peuvent s'identifier. Sans doute  aujourd'hui y-a-t-il des attentes de ce côté-ci , de la communauté. Cependant il est utile de préciser les caractéristiques des assemblées de type communautaire:

 

J, Gélineau, “ L'Assemblée suscite la communauté , la communauté vient de l'Assemblée ”  La Maison Dieu 124

 

 

La diversité – qui est un élément constitutif de l’Assemblée liturgique – signifie que cette assemblée ne se constitue pas à partir de convictions communes mais qu’elle se reçoit de Celui qui la convoque et assure sa communion. Dans ce contexte, on ne peut oublier également que l’Assemblée est un peuple composé de saints et de pêcheurs, c'est-à-dire à la fois appelé à accueillir  la grâce de Dieu et la réconciliation offertes dans le Christ, et cependant encore marqué par les refus et le péché qui affectent l' Assemblée tout entière et chacun des participants. C'est pour cela que l'Assemblée ne peut être sectaire - une Eglise de purs et de parfaits – et qu’il doit y avoir place, chez elle, pour tous ceux et celles qui acceptent d'entendre l'appel du Christ, quelles que soient leurs vies, quel que soit leur statut.

Cette diversité – qui concerne également les différentes modalités d’appartenance à l’Eglise - est un élément auquel, sans doute plus qu’autrefois, il faut être attentif aujourd’hui : pratiquants réguliers ou épisodiques, "chrétiens festifs" rejoignant l'Assemblée à l'une des grandes fêtes de l'année, baptisés retrouvant l'Assemblée après un long temps d'éloignement (“ les recommençants ”), croyants et non croyants se retrouvant à l’occasion d’un deuil ou d’une épreuve ; etc. Tous doivent se sentir accueillis. C'est pour cela qu'il faut  se méfier d’expressions liturgiques trop particulières, ou réservées à des initiés, et se soucier de l'accueil de chacun, plus particulièrement de ceux qui ont davantage de difficulté à venir à l'Assemblée: enfants, personnes éprouvées, âgées ou handicapées, étrangers déracinés qui ont d'autres expressions et sensibilités religieuses, nouveaux-venus dans un bourg, etc.

 

Cette attention à chacun et à tous, au cœur de l'Assemblée, doit apparaître dans la mise en œuvre  de la célébration: dans le choix des chants, dans l' homélie, dans le souci de faire en sorte que chacun puisse participer ou s’exprimer. C’est une manière d’affirmer que, conformément à l'esprit de la réforme liturgique de Vatican II, chaque assemblée a un visage propre et particulier. Pour cela, tout en utilisant les propositions faites par les revues liturgiques, on doit se garder d’utiliser ou de reproduire purement et simplement les matériaux proposés, conscients que les  chants et les intentions de la prière universelle, par exemple, doivent correspondre à l’assemblée concrète qui célèbre. Autre exemple, la messe du samedi soir ne devrait pas nécessairement ressembler à la première messe du dimanche matin !

 

Enfin, faut-il le rappeler, les places vides dans des églises de plus en plus trop vastes nous rappellent que l’Assemblée ne peut se refermer sur ceux qui la manifestent " ici" et " maintenant ". A partir de ceux et celles qui ne sont pas là, comme dans la reconnaissance de sa fragilité ( nombre restreint des participants, diverses catégories d'absents), les membres de l’Assemblée reconnaissent qu’aucune Assemblée ne doit jamais être close sur elle-même comme si elle constituait le rassemblement définitif. A cela il faut ajouter que, parce qu’elle accompagne et soutient  le pèlerinage de la foi de l'Eglise au long de son chemin sur la terre, toute Assemblée -  qui se sait unie à l'Eglise du ciel, aux anges et aux saints - est provisoire.

 

 

1.2.      Célébrer à un moment-donné 

 

Toute célébration s'inscrit également dans le temps. Dans certains cas, la célébration rythme même le temps: toutes les semaines (le dimanche),  tous les ans ( Pâques ou Noël par exemple), tous les mois (célébration de catéchèse). Il s'agit alors de commémorer un événement ou de "revivre" un "temps fort" de manière à susciter un renouvellement de la foi ou de la vie de ceux qui participent à cette célébration. Dans d'autres cas, la célébration peut être unique et correspondre à un événement unique. Elle est alors un acte de fondation: célébration d'un baptême, d'un mariage, de l'ordination d'un diacre ou d'un prêtre, profession religieuse, etc.  

On ne tient pas toujours suffisamment compte aujourd’hui de cet enracinement dans le temps des célébrations ainsi que leur degré différent de solennité, chaque célébration comportant trop souvent le même nombre de chants ou le même type de cérémonial plus ou moins enrichi. C’est dommage. Suite à Vatican II, des rituels ont été élaborés, avec, pour chacun d’entre eux, des choix à opérer: formulaires différents pour la préparation pénitentielle, oraisons adaptées à des situations liturgiques ou humaines différentes, adaptations possibles en fonction du bien des fidèles.

 

Si l’on s'en tient à la seule célébration de l’eucharistie, la Présentation Générale du Missel Romain (PGRM)  énumère les différentes formes de célébration de la Messe et leurs diverses  possibilités de mise en œuvre, selon qu’il s’agit par exemple d’un grand rassemblement ( pèlerinage à Lourdes, rassemblement diocésain, JMJ, congrès, etc), d’une ordination, d’une messe chrismale, de la célébration dominicale, ou de messes votives célébrées à des occasions particulières. Dans cette Présentation Générale du Missel Romain, comme dans les différents ouvrages hérités de Vatican II (Lectionnaire, office, rituels, etc), certaines expressions sont significatives et méritent d'être retenues: "on pourra dire" , "on peut ajouter", "si les circonstances le permettent " ou "l'exigent ", " on peut si on le juge opportun", "le prêtre ou le ministre dit ou chante les invocations suivantes ou d'autres " , " tous se manifestent la paix et la charité selon les coutumes locales, "le prêtre peut dire" etc.

Ces précisions ne sont pas toujours connues et ces possibilités de choix ignorées. Habituellement aussi, on se situe différemment devant les rituels: il y a ceux qui transforment et modifient certains éléments rituels, avec le risque de dénaturer l'action liturgique dans un  bricolage approximatif; à l'opposé, il y a ceux qui se soumettent – non sans paresse parfois –  à ce qui est indiqué ou présumé prescrit, sans aucun souci des participants à la célébration ou des circonstances dans lesquelles on se trouve. On oublie alors que la préparation d’une célébration a pour but de faciliter la participation de chacun, et donc le bien spirituel des personnes, avec leur croissance dans la foi et l’amour. C’est pour cela qu' à mentes reprises le Concile Vatican II a rappelé la nécessité d'adapter la liturgie à la capacité des fidèles (SC 34).

Quoi qu’il en soit, l’utilisation des différents livres liturgiques mis à la disposition des fidèles témoigne que toute action célébrée est un “ Acte de l'Eglise ”, vécue dans la communion et la foi de l'Eglise. Mais encore faut-il avoir le réflexe, lorsqu’on utilise ces différents ouvrages  de lire leur introduction, leur présentation ou leurs préliminaires !

 

 

Les livres liturgiques en langue française

 

Les livres  liturgiques  en  langue française  relèvent  de  la responsabilité  de la CIFT ( Commission Internationale Francophone pour les Traductions  et la Liturgie ) qui comporte un évêque de chaque conférence épiscopale des pays francophones. Au nombre de ces livres figurent en particulier :

 

le missel romain : il comporte la liturgie de la messe, avec les différentes prières  eucharistiques et les oraisons propres aux divers types de célébrations. On y trouve le propre du temps, des saints, les messes du commun, les messes votives concernant des intentions ou circonstances particulières, ainsi que les messes des défunts et le propre national.

 

le lectionnaire : il comporte les passages de l'Écriture retenus pour la liturgie de la Parole : première lecture,  psaume,  2° lecture ( dimanches, solennités ) et  Évangile. Il y a quatre lectionnaires : le lectionnaire dominical, le lectionnaire férial (pour la semaine), le  sanctoral  (pour la mémoire et les fêtes des saints ainsi que pour les circonstances particulières), et enfin le lectionnaire des sacrements.

 

l'évangéliaire : il comporte uniquement les passages d'Évangile retenus pour les dimanches et les fêtes. Ce livre, par sa qualité, sa beauté et la possibilité de le porter ostensiblement en procession, souligne l'importance de la proclamation évangélique. La France a édité  un Évangéliaire en 1992 selon le souhait même de l'Eglise, souhait remarquablement bien formulé dans ces  quelques lignes: " Puisque l'annonce de l'évangile constitue toujours le sommet de la liturgie de la Parole, les traditions liturgiques, aussi bien d'Occident que d'Orient, ont constamment fait une distinction entre les livres des lectures….C'est pourquoi il est grandement convenable que, de nos jours encore, au moins dans les cathédrales, les plus grandes églises et les églises paroissiales les plus fréquentées , on ait un évangéliaire distinct des autres lectionnaires , avec une belle décoration " ( Ordo des lectures de la messe , n°35 ) .

 

Habituellement, les livres liturgiques comprennent :

                                                               

des préliminaires, notes doctrinales et  pastorales  - les praenotanda . Ces notes préliminaires sont particulièrement utiles; elles comprennent des réflexions théologiques indiquant le sens du mystère chrétien célébré, ainsi que des indications de mise en œuvre ecclésiale en fonction des  acteurs et participants à la célébration liturgique.

 

des indications rubricales concernant le déroulement de la célébration

les formules sacramentelles et les prières

les adresses à l'Assemblée : dialogues rituels et invitatoires

les hymnes et les musiques

 

 

 

 

1.3.      Célébrer avec des rites

 

 Les rites appartiennent à notre existence; ils rythment le temps et ordonnent notre vie aussi bien individuelle que collective. Liés à des événements qu'ils nous permettent de célébrer,  ils expriment et consolident l'appartenance à un groupe ou à une communauté. Tout en contribuant à forger l'identité des personnes, ils renouvellent donc aussi la vie communautaire (familiale, religieuse, sociale etc). C'est le signe que les rites n'existent pas pour eux-mêmes et que leur  signification profonde et leur efficacité  supposent une juste relation à un groupe, à une mémoire, à une parole, à la vérité des signes ou des gestes symboliques utilisés. Car le rite met en jeu des symboles et des paroles ( pas de rite sans récit ). Parce que nous les héritons du passé, les rites donnent sens également et profondeur au présent en même temps qu'ils ouvrent à l'avenir. D’une manière générale, par leur dimension symbolique, les rites renvoient à la fois à l'origine et à l'accomplissement de toute chose .

 

Reconnaissons-le pourtant, la ritualité, ces dernières décennies,  a souvent été méconnue dans nos célébrations: on y a vu un corps pesant opposé à la nouveauté évangélique. Cela peut s'expliquer par le fait que nos rites, pendant trop longtemps, ont été compris comme des actes conventionnels - sans âme ni vie -, liés à une tradition ou à des habitudes. Parce qu'on confondait les rites avec la rubrique ( de ruber - rouge -; la  rubrique  est l'indication  écrite en rouge de ce qui doit être accompli ) on les a réduits à ce qui devait être exécuté selon les règles prescrites. En son temps, Pie XII, déjà, était pourtant intervenu pour préciser que la liturgie ne peut être confondue avec le décor ou la simple prescription des rites !

 

 

"C'est avoir une notion tout à fait inexacte de la sainte liturgie que de la regarder comme une partie purement extérieure et sensible du culte divin ou comme une cérémonie décorative; ce n'est pas une moindre erreur de la considérer comme l'ensemble des lois et des préceptes par lesquels la hiérarchie ecclésiastique ordonne l'exécution régulière des rites sacrés". Pie XII, Médiator Dei.

 

 

Depuis, les sciences humaines ont mis en valeur l'enjeu anthropologique des rites et rappelé qu'ils sont un acte de langage et de communication s'inscrivant dans une dimension cérémonielle. On ne peut donc les réduire à la simple exécution formelle d'actes que l'on répèterait.

A cela s'ajoute le fait que le rite suppose une dynamique et une cohérence entre les différentes actions et paroles qui  le constituent. Enfin, le rite n’est pas d’abord à comprendre ou à expliquer, mais il doit être vécu en même temps qu’il a pour fonction de faire vivre. A travers leurs différentes formes - comme à travers leur répétition -, les rites parlent en effet ; et il s'agit moins de les investir de ce que nous pensons ou attendons, que de se laisser investir et façonner par eux comme l'a souligné Paul De Clerck dans son livre L''intelligence de la liturgie.

 

A propos des rites: quelques citations                                                                                                                    

" Le rite est un agir social, spécifique, programmé, répétitif et symbolique par lequel s'opère l'identification de l'individu dans son groupe social et de ce groupe dans la société globale" Raymond Didier in Les sacrements de la foi .

 

Les rites sont des "Actions collectives par lesquelles l'homme tente d'expérimenter le divin en entrant en relation avec lui" . Michel Meslin

 

" Le rite fait du souvenir la condition de l'avenir"

 

 

Deux dangers ont souvent, semble-t-il, guetté la pratique liturgique: un allégorisme échevelé – c'est toujours le signe d'une approche trop intellectuelle du réel, avec le risque de donner à chaque chose et à chaque détail une signification arbitraire -, et le rubricisme qui fait de l'observance minutieuse de ce qui est prescrit, jusqu'au moindre détail, un absolu; ce à quoi s'ajoute souvent une approche sécuritaire de l'efficacité. Or, il ne faudrait jamais l'oublier: si "trop de rite" conduit au formalisme, pas "assez de rite" prive la foi d'un corps où s'inscrire. Car celle-ci n'existe pas sans un corps. Selon la belle expression de M.Chauvet, elle est "tissée " par les rites et les sacrements.

 

En ce qui concerne la répétition – qui fait souvent problème – on rappellera ici que le changement voulu pour lui-même ne résout rien et qu’il peut même laisser le groupe qui célèbre désemparé, sans repères, livré à la décision des organisateurs et dans l'ignorance complète de ce qui va se passer. Plus que sur la répétition de certains gestes ou de certains rites, il faudrait donc  s'interroger, d'une part sur la vérité des gestes posés, d'autre part sur l'implication des personnes ou sur leur participation réelle à ce qui est célébré.

 

Réapparaît ici l'importance de tenir compte de l'Assemblée comme telle, de sa composition, de sa diversité ou de son unité, de son élan apostolique, même si, comme cela a été dit plus haut, toute Assemblée dit plus qu'elle-même. Réapparaît également l'importance de "la participation pleine, consciente, active, commune et pieuse (S.C. 14 et 48) de chacun, comme une des conséquences essentielles  du baptême ( S.C..30). Évidemment, cette participation ne se réduit pas à la seule expression de la voix et du chant, à certaines attitudes ou postures; elle doit exprimer et signifier  un engagement de toute la personne, invitée, par sa participation à un acte liturgique, à vivre une communion totale avec le Christ. C’est déjà une manière d’affirmer, qu’aussi importante soit-elle, ce n’est pas la seule recherche de techniques ou de rites appropriés qui peut produire une liturgie vivante, mais la foi. Car la liturgie demande des croyants qui, à travers les gestes vécus ou les paroles entendues et prononcées, reconnaissent la présence du Ressuscité au cœur de la célébration comme au cœur de leur vie.

 

 

 

Principaux rituels en langue française, avec leurs dates de publication

 

le rituel de la concélébration (1965)

le rituel des ordinations  (1978 ; 1996)

le rituel de l'initiation chrétienne des adultes  ( 1997 ) ?

le rituel de la confirmation ( 1976,  1992)

le rituel la pénitence ( 1978 )

le rituel de la Dédicace - bénédiction et consécration des églises, des autels et les  objets sacrés ( 1989 )

le rituel du mariage nouvelle édition typique, promulgué à Rome en 1990 - à paraître en 2000 ?

les livres de l'Office divin  ( 1979-1980 )

le livre des bénédictions ( 1989 )

le rituel des funérailles  (1972 )

 

Le cérémonial des évêques a été publié en 1999. Ce rituel est instructif quant à la manière dont se déroule l'ensemble des célébrations présidées par l'évêque mais aussi quant à la compréhension de la liturgie de Vatican II. Ce livre reprend l'ensemble de la liturgie restaurée, mais il n’est pas à proprement parler un livre liturgique.

 

 

 

            2.         Célébrer la liturgie 

 

 

“ La liturgie ne dit pas ce qu'elle fait, elle fait ce qu'elle dit ” Cl. Duchesneau

 

Au sens étymologique et profane, la liturgie est un service public: c'est un acte, une œuvre (“ urgie ” - ergon),  l'oeuvre d'un peuple (“ leit ”) ou au bénéfice d'un peuple. Dans le langage chrétien, la liturgie renvoie à l'alliance entre Dieu et son Peuple, qu'il s'agisse de l'œuvre que Dieu accomplit en faveur de son Peuple ou de ce que le Peuple fait en retour et vit pour son Dieu.  Le "faire" caractérise donc la liturgie qui, avant d'être le lieu d'un enseignement spirituel, doctrinal ou moral, est d'abord le lieu symbolique de la célébration et du renouvellement de l'alliance de Dieu avec les hommes et des hommes avec Dieu. Ce "faire" comprend des rites organisés dans un ensemble ou un programme. Comme cela a déjà été évoqué, ces rites concernent aussi bien le corps et l'être tout entier des croyants que le corps de l'Eglise. Ils  gardent également la mémoire de l'œuvre de Dieu qu'ils rendent visible.

Parce qu'à l'origine et au cœur de cette œuvre divine, il y a l'initiative gratuite de Dieu qui est allé à la rencontre des hommes - et qui n'a pas hésité ensuite à envoyer son Fils unique pour rétablir l'alliance qui avait été rompue - la liturgie chrétienne ne consiste donc pas en un culte communautaire que l'homme serait par lui-même capable de rendre à Dieu, comme s'il pouvait de lui-même se tenir devant Dieu et vivre en communion avec lui. Elle est d'abord et avant tout l'œuvre du Christ  en son Eglise, les rites sacramentels représentant et manifestant les actes du Christ sauveur. Dit autrement, la liturgie célèbre et manifeste le Salut de Dieu en Jésus-Christ, aujourd'hui.

 

La liturgie dévoile l'aujourd'hui du salut : quelques prières liturgiques

 

 “ Aujourd'hui le Christ est né; aujourd'hui le Sauveur est apparu ; aujourd'hui sur la terre exultent les anges et les archanges ; aujourd'hui chantent les justes pleins de joie: Gloire à Dieu au plus haut des cieux, Alleluia  ” ( Cantique de Marie,  Vêpres de Noël )

 

“Aujourd'hui, l'Eglise est unie à son époux: le Christ, au Jourdain, la purifie de ses fautes ; les mages apportent leurs présents aux noces royales ; l'eau est changée en vin pour la joie des convives   ” (Cantique de Zacharie, Laudes de l’Épiphanie )

 

 “ Aujourd'hui, Seigneur, tu as révélé ton Fils unique aux nations grâce à l'étoile qui les guidait. Daigne nous accorder, à nous qui te connaissons déjà par la foi, d' être conduits jusqu'à la claire vision de ta splendeur     ( Prière d'ouverture de l’Épiphanie )

 

“ Aujourd'hui, nous est révélé un étonnant mystère: quand Dieu se fait homme paraît un  monde  nouveau : en devenant ce que tu n'étais pas, tu demeures Celui que tu es . Gloire à toi,  Verbe fait chair  ” (Antienne de l'hymne du cantique de Zacharie, 1er Janvier, Office des laudes ).

 

“ Aujourd'hui, sur les eaux du Jourdain, tu veux inaugurer le baptême nouveau: une voix descend du ciel pour attester  que ta  Parole habite chez les hommes.... ” (Préface de la fête du Baptême du Seigneur)

 

“ Aujourd'hui, Dieu notre Père, tu nous ouvres la vie éternelle par la victoire de ton Fils sur la mort, et nous fêtons sa résurrection. ” ( Oraison du jour de Pâques )

 

“ Aujourd'hui, Seigneur, par le mystère de la Pentecôte tu sanctifies ton Eglise chez tous les peuples et dans toutes les nations ... ” ( Oraison du jour de Pentecôte)

 

 

2.1.            Faire mémoire du Christ Sauveur

 

 

Cet aspect est essentiel ; il apparaît dans un mot que l'on utilise souvent: le mémorial. Le mémorial est bien plus que le souvenir d'un événement passé; il est d'abord un don que Dieu fait à son Peuple: le don de sa fidélité et d'une alliance nouvelle. Il manifeste aussi  l’attente de Dieu vis à vis de son peuple En faisant mémoire, dans la célébration liturgique, de ce que Dieu a fait dans le passé, on actualise le don de Dieu et on s'ouvre à la grâce divine qui restaure le passé, renouvelle le présent et ouvre l'avenir. En retour, le mémorial engage le fidèle qui accepte de se mettre en chemin de conversion (d’écoute et de foi), non seulement lors de l'événement  que constitue la rencontre “ liturgique ” proprement dite, mais aussi et surtout au cœur  de son existence même.

Toute liturgie chrétienne  constitue donc un  mémorial qui ne se limite ni au chant ni à la seule prière d'anamnèse: "Faisant ici mémoire de la mort et de la résurrection du Christ, nous t'offrons Seigneur le pain de la vie et la coupe du salut." En effet, l’ensemble de la célébration dans ses différents moments, met en œuvre ce mémorial : convocation de l'Assemblée, écoute de la Parole, récit et proclamation des œuvres de Dieu - les mirabilia Dei -, louange, supplication et intercession, renouvellement de l'alliance, communion et engagement dans une vie nouvelle. En ce sens, la liturgie eucharistique est par excellence un mémorial: le mémorial de la Pâque du Christ, de sa mort et de sa résurrection. Mais il en est de même de tout acte liturgique ou de moments particuliers comme les "Préfaces" (cf."proférant" c'est-à-dire "portant haut") où on fait mémoire des merveilles de Dieu.

 

 

Retrouver le sens de la bénédiction 

 

La bénédiction est au cœur de la liturgie ; littéralement, elle évoque le "bien que Dieu dit à l'homme". Non seulement elle est en Dieu, mais elle est Dieu lui-même qui n'est que bienveillance et de qui vient tout bien. Aussi, en retour, l'homme est-il conduit à bénir Dieu, c'est-à-dire à le reconnaître comme source de tout bien. C'est ce que traduisent les prières de la présentation des dons dans la liturgie eucharistique: "Tu es béni Seigneur Dieu de l'Univers , toi qui nous donnes ce pain , fruit de la terre et du travail des hommes , nous te le présentons , il  deviendra le pain de la vie ” . C'est ce que signifient également les "bénédictions" de tous genres que nous enfermons (trop souvent) dans des formulaires de prières ou dans des gestes – comme le signe de croix – dont on a perdu le sens. C'est pour cela qu'il faut redécouvrir le sens et la place de la bénédiction, sachant que Dieu, le premier, nous bénit et qu'il nous a bénis de manière unique et définitive en Jésus-Christ (Éphésiens 1,3). Conséquence de cela, la liturgie nous apprend à accueillir le monde comme béni de Dieu, à cultiver une prière qui ne cesse de bénir Dieu, à vivre en témoignant du don de Dieu qui nous bénit.

 

 

Enfin, la liturgie nous donne  de participer au mystère de Dieu Trinité, de Dieu qui est Amour et communion. Dès aujourd'hui, elle nous introduit en effet dans la vie même de Dieu  et nous fait communier à son être trinitaire.  Parce qu'elle nous fait vivre des relations mêmes qui unissent le Père, de Fils et l' Esprit Saint, la prière liturgique est donc une prière trinitaire. Elle est généralement adressée au Père, par le Fils, dans l’Esprit; c'est là d'ailleurs le mouvement ordinaire de la prière chrétienne, plus particulièrement à l’œuvre  dans la  liturgie eucharistique: “  Par lui , avec lui et en lui ( le Fils);  A Toi , Dieu le Père tout puissant , dans l’unité du Saint-Esprit… ”. Mais la prière liturgique peut également s’adresser au Fils: Kyrie eleison, telle prière d’ouverture (collecte ) ou après la communion, l'acclamation de l’évangile,  éventuellement la prière universelle, le chant de l’anamnèse, certaines supplications comme l'Agneau de Dieu ou “ Seigneur je ne suis pas digne ”.

La prière adressée à l’Esprit seul est plus rare et elle relève davantage d'éléments autonomes et occasionnels. Ce n'est pas une raison pour oublier que l'Esprit saint joue un rôle fondamental dans la liturgie puisque c'est lui qui rend présent à tous les temps et à tous les hommes l'événement  de Pâque. Une prière spécifiqueUne , présente au cœur de toute action sacramentelle, rappelle cela: c'est l'épiclèse (litt. "appel sur"). Au cœur de la prière liturgique, c'est une invocation adressée au Père pour que, lors de l'eucharistie par exemple, le pain et le vin deviennent le corps et le sang du Christ ( prière avant le récit de l’institution  ) et pour que l’assemblée communiant à l’offrande du Christ devienne en lui un seul corps ( prière après la consécration).

 

 

 

 

       Culte ou liturgie ?

 

Le culte est  une expression que l'on utilise de moins en moins à propos des rites liturgiques. Ce mot – culte - fut pourtant longtemps employé pour désigner l’organisation des actes publics d'une religion, l’ensemble des cérémonies qui permettent de rendre gloire à Dieu. Cet emploi demeure d'ailleurs dans l’usage civil, où l'on parle encore des "ministres du culte".

L'étymologie  de ce mot suggère deux sens:  d'une part, l'action de cultiver ou de soigner; d'autre part, l'action de rendre honneur ou hommage. C'est sans doute pour cela que, dans l'antiquité, on entendait par "culte" la relation d’hommage et d’attachement aux divinités, relation à établir au moyen de pratiques rituelles et d’offrandes.

L'approche chrétienne est différente: si les gestes et les actes sont importants, le culte chrétien est en effet d’un autre ordre, car il réside d'abord dans l’offrande intérieure. De cela découle le fait qu'il faut tenir ensembles ces deux dimensions: les gestes d'une part, l'attitude intérieure d'autre part. Mais avec un risque: qu'à trop insister sur ce que l'homme fait pour Dieu ou sur ce que Dieu attend de l'homme…on oublie ce que Dieu fait pour les hommes .En son temps, déjà, le code de droit canonique de 1917 avait défini la liturgie comme "le culte public de l'Eglise". Il soulignait ainsi l'interaction qui existe entre la liturgie et le culte.

Prolongeant cette réflexion, on insiste davantage encore aujourd'hui sur le fait que le Christ a accompli le culte véritable. Comment ? Par sa fidélité au Père et sa vie entièrement donnée. On reconnaît ainsi que le sujet du culte est le Christ lui-même, que son terme n'est autre que la trinité, et son centre: l'eucharistie. De ce fait, le culte des chrétiens n'a pas d'autre origine que le baptême, chaque baptisé devenant, de par sa communion au Christ, membre du Peuple Sacerdotal qu'est l'Eglise. Dans ce contexte, le culte de l' Eglise est l'expression profonde et  ultime  à la fois de l'attente  active de la venue du Christ Seigneur, et de la vie dans l'Esprit où l'on apprend à faire de sa vie un acte de louange et d'adoration.

Les liens entre le culte et  la liturgie  ont été soigneusement rappelés et précisés dans la Constitution conciliaire de Vatican II (cf SC 7 ci-après). On retiendra tout particulièrement du Concile son invitation à passer d'une liturgie-culte, qui insiste sur le devoir à rendre à Dieu  et sur l'agir de l'homme à une liturgie – acte du Christ, qui donne la priorité à ce que le Christ fait pour son Eglise .

 

 

2.2.      Au cœur de la liturgie : la prière du Christ

 

 

Nous avons déjà évoqué la place centrale du Christ au cœur de la liturgie.  Il nous faut aller plus loin en précisant que le Christ est le “ liturge ” par excellence. Pourquoi ? Parce que,  par sa vie entièrement vécue à l' écoute du Père et offerte jusqu'à la mort, depuis toujours il rend toute gloire Dieu. C'est donc Lui qui préside l'Assemblée, qui la convoque, lui parle, la nourrit et l’envoie en mission. C’est Lui qui, dans et à travers l’Assemblée, prie le Père, intercède et rend grâce. Aussi, en nous associant très étroitement au Christ en prière, la prière liturgique, vécue dans la communion de l'Eglise, nous fait-elle vivre par Lui ; car c'est avec Lui, par Lui et en Lui  que nous pouvons prier, intercéder et rendre grâce.

Cette dimension sacramentelle de la présence du Seigneur à son Eglise doit apparaître dans  la mise en œuvre des célébrations: depuis la façon d'invoquer le Seigneur et de s'adresser à lui jusqu'à la manière de lire la Parole de Dieu (posture du corps, voix , etc). Mais encore faut-il, pour cela, ne pas oublier que si le Christ est présent dans toute Assemblée réunie en son nom - comme il est présent également, par la puissance de l’Esprit Saint, sous le signe du pain et du vin qui deviennent son corps et son sang -,

 

·        Il est présent dans le ministre qui préside Assemblée ,

 

·        Il est présent dans la Parole proclamée dans l'Assemblée; Parole écoutée et reçue dans la foi

 

La liturgie et le Christ                                                                                       

 

 “ Le Christ est toujours là auprès de son Eglise, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice de la messe ; dans la personne du ministre, car “ celui qui offre maintenant par le ministère des prêtres, est celui-là même qui s'offrit alors lui-même sur la croix ”. Il est présent surtout sous les espèces eucharistiques. Il est là présent par sa vertu dans les sacrements au point que, lorsque que quelqu'un baptise, c'est lui qui baptise. Il est là présent dans sa parole, car c'est lui qui parle tandis qu'on lit dans l'Eglise les Saintes Écritures. Enfin il est là présent lorsque l'Eglise prie et chante les psaumes, lui qui a promis : “ Quand deux ou trois sont  réunis en mon nom , je suis là au milieu d'eux ”.

 

Effectivement, pour l'accomplissement de cette grande œuvre par laquelle Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés, le Christ s'associe toujours l'Eglise, son Épouse bien aimée, qu'il invoque comme son Seigneur et qui passe par lui pour rendre son culte au Père éternel.

C'est donc à juste titre que la liturgie est considérée comme l'exercice de la fonction sacerdotale de Jésus Christ, exercice dans lequel la sanctification de l'homme est signifiée par des signes sensibles et est réalisée d'une manière propre à chacun: là, le culte public intégral est exercée par le Corps mystique de Jésus Christ c'est-à-dire par le Chef et par ses membres. Par suite, toute célébration liturgique, en tant qu'œuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l'Eglise, est une action sacrée par excellence, dont nulle autre action de l'Eglise ne peut égaler l'efficacité au même titre et au même degré ” (SC 7)

 

“ Dans la liturgie terrestre, nous participons, par un avant goût, à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte Cité de Jérusalem à laquelle nous tendons comme des voyageurs ; c'est là que le Christ siège à la droite de Dieu comme ministre du vrai sanctuaire et de la véritable tente... ” ( SC 8)

 

 

 

-         Le ministère de présidence

 

A propos du ministère de présidence, on commencera par noter que tout rassemblement liturgique organisé comprend  diverses fonctions et ministères au service de la célébration commune.  Parmi ceux-ci , de par le sacrement de l'Ordre, les évêques et les prêtres reçoivent la charge de signifier et de manifester le fait que le Christ préside l'Assemblée, qu'Il en est la tête, et qu'elle est réunie en son nom, devant Lui, pour se recevoir de Lui. Le ministre ordonné a donc pour mission d’être le  signe personnel du Christ serviteur qui se tient au milieu des siens, comme le Christ ressuscité, le soir de Pâques, s'était tenu au milieu de ses apôtres. Ce faisant, le ministre ordonné de l'Eglise  est " le témoin de l'altérité du Christ-tête qui construit son corps sans laquelle il n'y a pas d'Eglise". Il  signifie que l'Eglise ne se rassemble pas en son propre nom. C'est un autre, le Christ, qui la convoque. Précision qui peut être utile : en l'absence de prêtre, les diacres sont habilités à présider l'Assemblée

 

 

-         La Parole de Dieu

 

Pour bien comprendre le sens des lectures bibliques qui sont au cœur de toute célébration liturgique, il faut se rappeler la célèbre phrase du récit des pèlerins d'Emmaüs: " Il leur expliqua dans toutes  les Écritures ce qui le concernait ”.  De fait, dans une célébration liturgique, la lecture des Écritures n'a pas pour finalité première de donner un enseignement spirituel ou moral, pas plus d'ailleurs que d'assurer une formation biblique, mais de nous mettre en contact avec le Seigneur qui parle à son Eglise. A travers la proclamation liturgique, le Christ, en effet, se rend présent "dans sa parole car c'est lui qui parle tandis qu'on lit dans l'Eglise les Saintes écritures" ( SC 7 ). Comment ne pas comprendre alors l'importance et l’enjeu des gestes, des postures et des attitudes qui accompagnent la lecture de la Parole de Dieu; sachant qu'il faut se comporter comme un  porte parole qui donne sa voix sans faire écran à cette Parole: intonation, manière de se tenir aussi bien par rapport au livre que par rapport à l'assemblée.

Mais cela vaut aussi pour le livre que l'on utilise: il faut qu'il ait la beauté que réclament à la fois l'acte liturgique et ce qui est signifié à travers la lecture de la Parole de Dieu, sans oublier la façon de porter ce livre en procession,  de l'ouvrir, de l'élever au moment de l'acclamation où l'on passe de la Parole proclamée – "Acclamons la Parole de Dieu" au Christ reconnu  dans sa Parole :" Louange à Toi Seigneur Jésus"

 

Il faut ajouter à cela que, parce qu’elle demande à être accueillie dans l'aujourd'hui de l'assemblée concrète, cette Parole trouve son accomplissement dans l'écoute attentive et intérieure de chacun. C'est ce que signifie la lecture du Psaume ; c'est aussi à cela que devrait contribuer l'homélie. Une chose est sûre, le Christ, qui se donne à travers la Parole reçue et écoutée, se donnera ensuite en partage à travers le pain qui unira et assimilera tous ceux qui deviendront les membres de son corps.

 

 

 L’unique table de la Parole et de l’Eucharistie

 

" L'Eglise a toujours vénéré les divines Écritures , comme elle l'a toujours fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la Sainte liturgie, de prendre le pain de vie sur la table de la parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ, pour l'offrir aux fidèles ". (Dei Verbum n°8)

 

 

De cette place privilégiée de la Parole de Dieu au cœur de la célébration liturgique découle le fait – surtout lorsqu'il n'est pas possible de célébrer les Mystères du Salut – que l'on  favorise aujourd'hui la lecture des textes bibliques : baptême d’enfants en âge de scolarité, célébrations de mariage, de sépulture, autres circonstances (rassemblements catéchétiques, pèlerinages, etc). Il faut le dire et le redire, parce qu’au cœur de tout acte liturgique il y a la rencontre avec Dieu qui se révèle et se communique, aucun autre texte ( aussi "parlant " soit-il ) que le texte biblique ne peut véritablement rendre présent le Verbe fait chair. De quoi s' interroger sur  le bien fondé de la trop grande place accordée, dans certaines célébrations, à des textes non-bibliques !  

 

 

2.3.      La liturgie au cœur de la vie

 

La  célébration liturgique non seulement se poursuit, mais elle vit, s'achève et trouve son  accomplissement dans l'existence quotidienne, comme dans les engagements de tous les jours. Comme célébration de l'Alliance entre Dieu et les hommes, la liturgie comporte en effet une dimension éthique, inhérente à la célébration elle-même et non sa simple conséquence. De ce fait, la liturgie appelle une existence nouvelle où l'on s'efforce de s’accorder à ce qui a été célébré. Chaque fidèle est ainsi invité à “ poursuivre la liturgie personnelle sur l'autel de son propre cœur, à réaliser une proclamation vivante de la Bonne Nouvelle pour la vie du monde: sans cette continuation, la liturgie ecclésiale demeure incomplète..." (Mgr.A.Vannoulotos)

 

Au moment même où elle annonce et préfigure le monde à venir, et donc sa participation à la gloire de Dieu – participation vécue dés aujourd'hui et dés ici-bas – la liturgie assume l'histoire pour en faire une histoire sainte, transfigurée. Au même moment, à travers  les aléas, les misères, les combats de l'existence, la liturgie nous conduit, comme des pèlerins, vers la Demeure de Dieu. C'est dire que si toute liturgie comporte une perspective eschatologique ( "eschaton " =  ce qui concerne les choses dernières ), toute liturgie peut être considérée comme une rencontre du ciel et de la terre. Au "dans les siècles des siècles" s'ajoute en effet " avec les anges et tous les saints nous chantons".  Cette rencontre du ciel et de la terre, chère à l'Orient chrétien, est également au cœur de l’enseignement du Concile Vatican II: " Dans la liturgie terrestre, nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem " ( SC 8 ).

Conséquence de cela, les célébrations liturgiques ne peuvent être vécues en dehors de l'histoire – comme des célébrations intemporelles ou éthérées - loin des cris, des espoirs et des attentes des hommes. Mais on ne peut pas non plus y limiter son regard à cette terre, comme si c’était là notre seul horizon ou notre seule espérance. Aussi bien à travers le mot d'accueil qu'à travers les intentions de la prière universelle ou, lorsque cela est possible, le choix des textes bibliques, tout doit donc être fait pour que soit rappelée et vécue cette double dimension - terrestre et céleste – de tout acte liturgique.

 

" Lex orandi , lex credendi " 

 

Cet adage de Prosper d'Aquitaine ( 330-463) souligne un aspect fondamental de la liturgie, reconnue comme source de la foi.  En effet, si la liturgie proclame la foi, elle l'atteste aussi et la forme au point que l'on peut dire que " la prière de l'Eglise détermine la règle de la foi ". Dit autrement, “  l'Eglise croit comme elle prie ”  .

 

" La liturgie atteste les mystères, elle les annonce en les célébrant... la liturgie n'est pas un manuel;  elle ne procède pas par définitions et concepts clairs; elle fait entrer dans les vérités chrétiennes en faisant agir et prier, par mode de gestes familiers pratiqués par des hommes qui y mettent leur fidélité et leur amour... la liturgie garde, transmet et nous livre beaucoup plus de choses que n'en ont compris ceux qui l'ont pratiquée, gardée et transmise, plus que nous n'en comprenons nous-mêmes. Tout m'est donné dans l'Eucharistie, dans sa célébration... toute ma foi est dans le plus banal de mes signes de croix, et quand je prononce Notre Père, j'ai inclus déjà tous ceux dont la connaissance ne me sera livré que dans la révélation de gloire "

 

Y. Congar . La tradition et les traditions , Fayard , Paris 1963  , tome 2.

 

 

Dernier point, dans l'action liturgique, tous les sens sont présents et actifs:  depuis le fait d'entendre – on se souviendra ici que l'ouïe spirituelle est le sens de la foi " qui naît de ce que l'on entend " – jusqu’au fait de voir, de goûter, de toucher ou de sentir. C’est le signe que le corps tout entier est  engagé dans l'acte liturgique où il sert de médiation entre Dieu et son Peuple, la liturgie ayant pour finalité de permettre cette rencontre.

Dans ce contexte, les attitudes et postures vécues dans les célébrations liturgiques -  positions debout, assise, à genoux ( même si cette dernière - toujours possible PGMR 21 - est aujourd'hui peu pratiquée ) - ne sont pas simplement des prescriptions externes recevant une signification allégorique. Elles expriment la participation de l’être tout entier à un acte qu'elles soutiennent. Cela vaut également  pour la marche qui est un aspect de la participation à l’acte liturgique, comme on le voit lors des processions qui ne sont pas sans évoquer la marche de la foi ou le pèlerinage de la vie vers la demeure céleste. Rien d'étonnant donc si la liturgie comprend, tout au long de l'année, de multiples processions: Fête de la manifestation du Seigneur le 2 Février, Dimanche des rameaux, Vendredi Saint, Vigile Pascale etc., sans oublier bien sûr les processions de la liturgie eucharistique: entrée, offrandes, communion, procession de l'Évangile accompagnée du chant de l'Alleluia. Mais a-t-on vraiment conscience alors de ce que l'on fait ? . 

 

 

"Les exercices sacrés "  et la liturgie

 

On désigne par “ exercices sacrés ”, ou pieux, un certain nombre d’actes relevant de la dévotion que l’on a pour tel mystère du Salut  ou pour ceux et celles qui  y sont étroitement associés : les anges, Marie, les Saints. Font, par exemple, partie de ces “ exercices ” le chemin de la croix, le chapelet, certaines dévotions plus particulières à tel saint ou tel lieu. Souvent déconsidérées, les dévotions ont pourtant leur place dans la vie chrétienne, surtout lorsqu’elles traduisent un véritable attachement à Dieu (cf. le sens du mot “ dévotion ” : se vouer à, se dévouer pour , se donner à ). Mais elles ne sont pas à confondre avec les actes liturgiques proprement dit.

 

 

2.4.      La liturgie au cœur du temps.

Le temps de la venue de Dieu dans le temps des  hommes

 

 

La Liturgie est tout à la fois dans le temps des hommes et dans le temps de Dieu. Elle célèbre Dieu présent dans la vie des hommes et elle invite les hommes à vivre dans sa communion. Mais il faut, pour cela, laisser Dieu venir, à travers son Fils, habiter notre temps pour le sanctifier. Apparaît ainsi le sens fondamental du temps liturgique qui couvre les trois mesures qui rythment habituellement le temps des hommes : l’année, la semaine, le jour

 

 

            Ø         La célébration du dimanche

 

“ Le dimanche est jour cosmique de la création, évangélique de la résurrection, ecclésial de l'Eucharistie, eschatologique du siècle avenir " J.Daniélou.

 

           

Le dimanche célèbre la Pâque du Christ, sa victoire sur la mort. Mais, en célébrant la Pâque du Christ, c’est notre propre Pâque que nous célébrons – comme passage dans la vie – en même temps que nous célébrons la Pâque du monde, donc le devenir de toutes choses dans le Christ. Sachant que l’Eucharistie est le sacrement pascal par excellence, on comprend qu’il y ait une étroite relation entre le dimanche, la célébration de l’Eucharistie et le rappel de notre vie pascale en Christ. Les différentes désignations du dimanche manifestent d’ailleurs cette étroite parenté :

-          le "jour du Seigneur" , jour où l’on célèbre l'avènement de Dieu dans l'histoire des hommes, son irruption, sa présence triomphale, avec la manifestation de sa Seigneurie, de son action de salut et de libération;

             -         le "premier jour de la semaine", jour du matin de Pâques, jour de la résurrection du Christ, jour de la recréation de l'homme, de la lumière victorieuse des ténèbres... jour de la vie nouvelle;

-          le " huitième jour" ( 7 + 1 = l'au-delà du temps ), jour qui nous ouvre à un temps transfiguré par le Christ, à l'accomplissement de l'histoire, au bonheur de l'homme partageant la gloire du Christ auprès du Père.

 

Sil est normal que l'Eucharistie rassemble, le dimanche, les chrétiens, cela n’est pas toujours possible. Lorsque c’est le cas, on peut maintenir la convocation à se rassembler le dimanche, que ce soit autour d’une célébration de la Parole – qui peut être suivie par la distribution de la communion selon le rituel de la distribution de l'Eucharistie en dehors de la messe -, soit autour d’une célébration ayant pour structure la liturgie des Heures.

 

 

Célébration Dominicale en l'Absence de Prêtre .

 

Certains manifestent une incompréhension vis à vis de cette appellation (ADAP), notamment par rapport à l'accent mis sur le ministre et sur son absence. On voit ainsi fleurir d'autres appellations, par toujours heureuses d'ailleurs. Parler " d'attente de prêtre " est ainsi une inversion positive, mais sans que cela apporte vraiment quelque chose de nouveau. Dans tous les cas, ces expressions nouvelles traduisent un malaise et reflètent une situation insatisfaisante: l'impossibilité de célébrer l'eucharistie dominicale, faute de prêtre.

On admettra donc que les "assemblées dominicales " sont un nécessaire pis-aller, préférable à une désertification. On reconnaîtra qu'elles constituent "une forme de célébration dominicale qui garantit au mieux le rassemblement hebdomadaire des chrétiens et sauvegarde la tradition chrétienne du dimanche" ( A. Borras ). Mais ces rassemblements posent question,  surtout lorsque, à une distance toute proche,  l'Eucharistie est célébrée – ce qui exclut a fortiori la présence dans la même paroisse d'une ADAP et d'une célébration de l'eucharistie, ou d'une eucharistie célébrée le même dimanche, mais à une autre heure.

En France, les ADAP existent depuis plus de 30 ans, principalement dans le monde rural. Les premières sont apparues en 1968, à la suite des orientations conciliaires  (SC 35 en  1963; inter Oecumenici § 37 en 1964) et des indications du code de droit canonique, canon 1248).

 

La mise en place des ADAP nécessite une véritable organisation pastorale (exemple: le dernier dimanche du mois), car ces célébrations doivent s'articuler avec d'autres types de rassemblements, comme lorsque l'eucharistie est célébrée dans le cadre d'un regroupement de tout un secteur les autres dimanches, ou que l'eucharistie est célébrée, en semaine,  dans certains villages ou  hameaux. 

 

La structure la plus habituelle d'une ADAP est celle d'une célébration de la Parole, se terminant après la prière universelle par une prière d'action de grâce . On y proclame les mêmes lectures que celles qui sont prévues pour ce dimanche. Les mêmes éléments sont présents: accueil, invocation, proclamation de la Parole, méditation ou partage de cette Parole. On a pris l'habitude de communier lors de ces Assemblées: cette communion au pain eucharistique consacré dans la même église lors de l'assemblée dominicale précédente - ou apporté le jour même d'une des Assemblées du secteur paroissial où est célébrée l'Eucharistie -,  est tout à fait possible. Elle signifie la communion au Christ  présent dans sa Parole et dans le pain consacré, communion au Christ en son Eglise au delà du groupe rassemblé alors.

Cependant, une telle pratique n'est pas sans risque: celui, en particulier, de séparer de manière habituelle la communion du "parcours" eucharistique: présentation des dons, action de grâce, fraction du pain et communion. Une bonne intelligence de la signification symbolique, théologique et spirituelle de l'action eucharistique devrait permettre un meilleur discernement de ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire, des enjeux d'une telle pratique ou d'autres types de propositions. C'est ainsi qu'une autre forme d'ADAP est aujourd'hui expérimentée: celle où on célèbre selon la structure de l'Office divin, principalement donc à partir du chant et de la prière des psaumes.

 

 

Dans tous les cas, ces Assemblées Dominicales requièrent la présence d'une équipe de préparation et d'animation, étant entendu, comme préalable, qu'il n'est pas concevable (et permis ) de se réunir en ADAP si jamais – ou presque – l'eucharistie n'est célébrée.  Habituellement, la direction de la prière est assurée,  soit par un ministre ordonné ( diacre ) mandaté, soit par des laïcs qui assurent ce service a tour de rôle, et cela afin d'éviter que tel ou tel ne le monopolise.

Les dialogues liturgiques relevant de la présidence d'un ministre ordonné sont exclus; ils sont remplacés par des formulaires de prière empruntés à l'Écriture où l'on privilégie la bénédiction –  ainsi par exemple cette salutation pour le Carême : " Béni soit  Dieu notre Père , car il est tendresse et pitié , lent à la colère et plein d'amour . R/ Béni soit Dieu , maintenant et toujours ". Enfin, lors des ADAP, l'action liturgique – comme lors de toute célébration de la Parole – n' a pas pour centre l'autel – sauf, lorsqu'il y en a une, au moment de la communion. C'est dire qu'un espace propre pour ce type de célébration doit être aménagé, espace qui requière un agencement particulier pour que puissent intervenir les différents acteurs de cette célébration.

 

Bibliographie

 

-         Assemblées Dominicales en l'Absence de prêtre – questions actuelles et éléments de réflexions – ( document CNPL ),  1982 .

-         Directoire des Assemblées Dominicales en l'absence de prêtre, Rome, 1988.

-         Le Dimanche, situation, enjeux, et propositions pastorales, Documents d'Eglise,  Centurion .

-         Assemblées Dominicales en l'absence de prêtre, Le livre de l'animateur, (document CNPL), 1985 , 1989 ( schémas, commentaires,  éléments de formations, matériaux pour la célébration ).

      Des manuels semblables ou plus précis quant aux schémas des célébrations ont été édités en Belgique et au Canada  en 1995

 

 

Le culte eucharistique 

 

Cette pratique connaît aujourd'hui une certaine ferveur. Elle se situe d'une certaine manière dans la logique de la conservation de l'eucharistie qui était traditionnellement gardée,  d'abord pour être donnée en viatique aux mourants comme pain de la route pour l'ultime Pâque, ensuite pour être portée aux malades ou donnée aux personnes empêchées de participer à l'Eucharistie, enfin pour l'adoration.

Sachant que l'eucharistie est la source et le sommet du culte eucharistique, on peut comprendre qu'une adoration (solennelle) se greffe naturellement sur la messe, l'exposition du pain eucharistique intervenant au terme de celle-ci, après la communion. Ce temps d'adoration, assez long, que vient clore souvent la bénédiction du Saint Sacrement, peut comporter des acclamations, sous forme de louanges ( hymnes, psaumes, chants ), une proclamation de la Parole et des intercessions. On peut évidemment utiliser la louange par excellence qu'est l'Office divin. Mais l'insertion de l'Office divin dans la messe elle-même, quoique permise selon des modalités indiquées, n'est pas une solution vraiment satisfaisante. Il vaut mieux en effet célébrer l'office Divin soit avant, soit après la messe.

 

Bibliographie : Rituel de l'Eucharistie en dehors de la messe, 1983.

 

Ø                        L'année liturgique 

 

 

L’année liturgique commence avec le premier dimanche de l'Avent ; elle se termine avec le  34° dimanche du Temps Ordinaire et la solennité du Christ, Roi de l'Univers. L'année liturgique  comprend plusieurs périodes – Avent, temps de Noël, Carême, temps pascal et temps ordinaire – qui déploient tout au long de l’année le mystère pascal. C’est une manière de montrer que le temps tout entier est habité par le mystère du Christ dont on fait mémoire comme étant une réalité actuelle. De cette réalité présente du salut, découle une “ hiérarchisation ” des temps et des fêtes : le triduum Pascal (de la Cène du Jeudi saint au dimanche de Pâques), le temps pascal, le temps du Carême, le temps de Noël, le temps de l’Avent, le temps ordinaire.

 

            Le temps de l'Avent :  L'Avent  vient du latin " adventus " qui signifie avènement, venue. C'est un temps de préparation à la célébration de Noël. Il ne signifie pas ce qui serait antérieur ( avant ), mais ce qui précède, ce qui ouvre le Mystère de Noël, le chemin qui mène à la rencontre du Christ. Ce temps a une dimension eschatologique, car on  ne mime pas l'attente d' il y a deux mille ans -  comme  si le Christ n'était pas encore  venu -, on l’attend et on l’accueille aujourd’hui comme Celui qu’il est désormais: le Seigneur de Gloire.

 

La fête de Noël  est née à Rome au début du IV° siècle. En célébrant Noël, il s'agit moins de célébrer l'anniversaire de la naissance du Christ  - dont on ignore la date exacte - que de célébrer ce que cette naissance nous dit de Dieu, ce qu'elle inaugure, ce qu'elle est pour nous. Historiquement, cette fête est née dans un contexte où il fallait à la fois affirmer l’identité divine et humaine de Jésus, et le reconnaître comme la Lumière venue en ce monde, le Soleil Victorieux. C’est pour cela que l’on a pris comme date le 25 Décembre, fête du solstice d'hiver, du soleil renaissant, et des cultes solaires, notamment du dieu Mithra . A la même époque, un peu antérieurement, était née en Égypte la fête de l'Épiphanie (6 janvier). Dans une approche relativement semblable, on y célébrait la "manifestation" de  Dieu en notre chair ( théophanie ). Ces deux fêtes devinrent très vite le bien commun de l'Eglise tout entière. Plus que la commémoration d’un événement passé, on célébrait le Christ qui naît aujourd’hui dans la vie des hommes ( Noël ) et  qui vient aujourd’hui éclairer leur vie et les sauver ( épiphanie ).

 

Le Carême est un temps  de préparation à Pâques. Avec les catéchumènes qui se préparent au baptême célébré dans la nuit  pascale, toute l' église, à la suite de Jésus, marche durant quarante jours vers Pâques, pour passer avec lui de la mort à la vie. Temps de pénitence pour accueillir le renouveau baptismal, le Carême s'ouvre le mercredi des Cendres et se termine le jeudi Saint. Commence alors le Triduum Pascal. La dernière Semaine qui précède Pâques – la Semaine sainte - s'ouvre par le Dimanche des Rameaux et de la Passion.

Le Carême est un temps de pénitence. Cela se traduit, entre autres choses, par le jeûne – prescrit le Mercredi des cendres et le vendredi Saint - et par l'abstinence de viande, chaque vendredi de Carême,  abstinence alimentaire qui peut s'étendre à divers domaines. En incitant à un certain renoncement aux biens matériels, ces différentes privations ont pour but de favoriser une plus grande disponibilité à la Parole du Christ et une plus grande attention aux frères qui sont dans le besoin. Car le partage est une autre grande caractéristique du Carême.

 

La célébration Pascale  commence le samedi soir à la nuit tombée avec la Grande Veillée qu'on appelle aussi "Vigile Pascale". La Veillée Pascale est le centre du Triduum Pascal. Elle comprend  la célébration de la lumière (bénédiction du feu nouveau suivie de la procession d'entrée et de la louange pascale ), la liturgie de la parole – qui comprend au moins 3 lectures dont le récit de l'exode et de la libération d'Égypte -, le Chant du Gloire à Dieu absent durant le carême , le Chant joyeux de l'Alleluia avant l'Évangile – lui aussi absent durant le Carême. Vient ensuite une troisième partie comprenant la bénédiction de l'eau, la célébration des baptêmes et, pour tous les fidèles, le renouvellement de la profession de foi baptismale. Suit la liturgie eucharistique à laquelle participent les nouveaux baptisés.

Le Dimanche de Pâques est un jour de grande solennité: ce que chaque eucharistie célèbre chaque dimanche, c’est ce que l’on célèbre ce jour-là de manière plus solennelle encore. Historiquement, la Fête  annuelle  de la Pâque chrétienne est née dans la première partie du II° siècle. On sait aussi que la Grande Veillée baptismale fut un des  premiers éléments de la mise en place d'un cycle liturgique annuel . Depuis le Concile de Nicée en 325 , la date de la fête de Pâque a été fixée le dimanche qui suit le première pleine lune de printemps. C’est donc une fête mobile. Les Églises  orthodoxes suivent des calendriers variés. Celles qui suivent le calendrier julien connaissent actuellement un décalage de 13 jours  par rapport au calendrier grégorien .

La célébration Pascale s'étend durant cinquante jours ( la cinquantaine pascale  formant le temps pascal) . La réforme  liturgique a  heureusement retrouvé cet aspect longtemps oublié. Le temps  Pascal se termine le jour de la Pentecôte. On l’aura compris, le temps pascal est le temps liturgique par excellence.

 

Le temps Ordinaire comprend 34 semaines. Il vient prendre place entre les différents cycles : essentiellement du lendemain du Baptême du Seigneur au jour précédant le mercredi des Cendres ; du lundi de Pentecôte au samedi précédant le premier dimanche de l'Avent. Les dimanches  qui suivent Pentecôte célèbrent certains aspects doctrinaux du mystère chrétien : solennité de la Trinité et solennité du Corps et du Sang du Christ ( jadis nommée fête-Dieu ) célébrée en France le dimanche, et non le jeudi comme dans le passé ou ailleurs. 

A cela il faut ajouter un cycle de solennités et de fêtes : solennités de l'Annonciation de la naissance du Seigneur le 25 Mars, de l'Assomption de Marie le 15 Août , de la fête de tous les Saints le 1er Novembre. Pour ce qui est des fêtes, mentionnons ici celles qui interviennent au bout de quarante jours (temps éminemment symbolique dans la Bible: le temps de la rencontre de Dieu):  40 jours après Noël (présentation du Seigneur), 40 jours après Pâques (Ascension), 40 jours après la transfiguration (6 août): fête de la croix glorieuse (14 septembre)

 

 

 Ø                      le jour

 

Si le Christ Sauveur, comme on l’a dit, habite et sanctifie le temps des hommes, cela veut dire qu’il n’y a pas un moment, pas une heure, qui ne puisse être transfigurée par sa présence et ne puisse donc devenir une occasion de prière et de louange. C'est ce que rappelle la célébration de l'Office divin qui réalise, au même moment, la tâche essentielle de l'Eglise qui, dans sa prière comme dans sa vie, ne cesse d'offrir sa louange au Père, à la suite du Christ lui-même qui prie en elle.

 

L'office divin ou "Office des heures" couvre les principales heures de la journée. Ces heures sont au nombre de 7 : les deux principales : les laudes - le matin -, et les vêpres - en fin d' après-midi. A ces heures, il faut ajouter trois “ petites heures ” dans la journée ( 9 h , 12 h, 15 h ); une seule de ces petites heures est généralement célébrée, nommée habituellement "heure du milieu du jour. Il y a  enfin l'Office des lectures - qui se rattache à la catégorie des "vigiles" -, et les complies lorsque vient la nuit.

Faut-il le dire, un des aspects de la réforme liturgique de Vatican II concernant la célébration de l'Office Divin a résidé dans le principe de la vérité des heures. Contrairement à ce que l’on pouvait faire jusqu’alors, on a décidé en effet qu’il fallait célébrer "l'heure" correspondant au moment de la journée où l'on se trouvait. C’est une question à la fois de vérité et de juste compréhension de la signification profonde de la liturgie des heures !

De manière habituelle, la structure des offices est assez semblable. Elle comporte d’abord  une hymne, suivie de plusieurs psaumes et d’un passage de la Parole de Dieu avec un "répons". Les Offices du matin et du soir comprennent un cantique du Nouveau Testament et une intercession. Tous se terminent par une prière de conclusion suivie d'un renvoi.

 

 

 

LE CYCLE DE L'ANNÉE

 

TRIDUUM PASCAL

 Jeudi (Messe de la Cène), Vendredi et Samedi Saint

VEILLÉE Pascale

 

TEMPS PASCAL

 50 Jours : du dimanche de Pâques entre le 22 mars et le 25 avril au dimanche de Pentecôte

 

TEMPS DU CARÊME

 40 jours: du Mercredi des Cendres au Jeudi Saint après midi  (avant la Messe de la Cène)

 

TEMPS DE NOÉL

 de NOÉL à l’ÉPIPHANIE

 

TEMPS DE L'AVENT: 

4 dimanches avant Noël

(à partir environ du 30 Novembre)

 

TEMPS ORDINAIRE

 

. avant carême

 

 après le Temps Pascal jusqu'au temps de l'Avent

PRÉSÉANCE DES   JOURS        LITURGIQUES

 

I . SOLENNITÉS

 

a) TridumPascal

 

Noël-Epiphanie

 

Ascension-Pentecôte

 

 

b) Dimanches de l'Avent, du Carême et du temps pascal

 

. Mercredi Cendres

 

. Du Lundi au Jeudi Saints

 

. Octave de Pâques

 

 

 c) Solennités du Seigneur

 

 Trinité; Saint Sacrement; Sacré Cœur 

 

 Transfiguration;  Christ Roi

 

 

d) Solennités de Marie

 

 Ste Marie Mère de Dieu ( 1/1)

 

Annonciation (25/3)

 

Assomption (15/8)

 

 Immaculée Conception (8/12)

 

 

e) Solennités des Saints

 

 St Joseph (19/3)

 

 Nativité de St Jean Baptiste (24/6)

 

St Pierre et St Paul (29/6)

 

Toussaint (1/11)

 

 e)  commémoration   Défunts (2/11)

 

 

 f)  Solennités propres : Saint patron ;  dédicace des églises

 

 

II FÊTES

 

a)  Fête du Seigneur

 

Ste Famille (Dim dans l'Octave ou 30/12)

 

 Baptême du Seigneur

 

Présentation du Seigneur (2/2)

 

 Croix glorieuse (14/9)

 

b) . Dimanches du Temps de Noël et Dimanches du Temps Ordinaire

 

c)  Fêtes de la Vierge

 

 Visitation (31/5)

 Nativité (8/9)

 

d)  Fêtes propres

 

Dédicace Latran (9/11)

 Dédicace cathédrale

 

e) Féries de l’Avent (17-24/12)

 

f) Jours de l’ octave de Noël: St Etienne, St Jean,  Sts Innocents)

     

g) Féries de Carême

 

h) Saints

        

Apôtres et évangélistes

 

 conversion de St Paul (25/1), Chaire de St Pierre (22/2) Archanges (29/9) St Laurent (10/8)   St Benoît , Sts Cyrille et Méthode

Époque où ces fêtes se sont mises en place

 

PÂQUE annuelle: à Jérusalem en 135 ; à Rome en  165 environ ; pour tous en 190

- Veillée restaurée en 1951

 

50 JOURS  de PAQUES

(= “ La Pentecôte ”): fin II° (194)

(Ascension = fin IV°)

 

 

 

 CARÊME: fin IIl°- début IV°

 

NOËL:  Rome en 330, généralisée fin IV°

 

 ÉPIPHANIE :  Orient vers  330, généralisée fin IV

 

 SEMAINE SAINTE

 

Rameaux et Passion:  fin IV° à Jérusalem, V à Rome, VII en Gaule

 

Jeudi Saint: fin IV; généralisation VIII

 

Vendredi Saint: fin IV; Rome VII°

 

AVENT: Gaule fin IV; Rome  vers 550

 

 

* * *

2 Février: IV° Jérusalem; VII° Rome

 

.14 Septembre :

Jérusalem vers 335; Rome vers 650

 

Transfiguration: Byzance  et Orient (VI), Occident (Cluny) (IX), diffusion vers le XI

 

 

Toussaint: Syrie V; 13 mai 610 pour Rome

 

 1 Nov: Rome 730, oblig. 835

 

Trinité: l030 pour Cluny, onlig. 1334

 

Saint Sacrement: Liège 1246;  Rome 1264; génér. XIV°

 

 25 Mars :  Rome, fin VII°

 

15 Août :

Dormition : Jérusalem V Assomption: Rome VIII

 

19 mars (Saint Joseph) : Orient V° (1400) ; création 1476 ; 1870

 

Sacré Cœur  1672 et XVIII ; 1856

 

Christ Roi : 1925

 

 

 

            3.         Préparer et animer une célébration liturgique.

 

            Avant d'évoquer  en quoi consiste la préparation d'une célébration liturgique, il n'est peut être pas inutile de rappeler quelle est la fonction essentielle d'une équipe d'animation liturgique: permettre à l'Assemblée tout entière et à chacun de participer réellement à ce qui sera célébré. Comment ? en favorisant "l'aujourd'hui" de la célébration, c'est à dire en permettant à chacun et à tous de s'ouvrir au mystère du Salut que l'on célèbre. Cela ne peut se faire qu'en servant au mieux l'Assemblée concrète qui célèbrera.

Pour cela, il n'est peut être pas inutile de rappeler également que le travail de préparation d'une célébration liturgique doit être un travail d'équipe. Seul ce travail en équipe peut éviter que la liturgie soit monopolisée par une ou quelques personnes imposant leurs choix, aussi bien spirituels que liturgiques. Seul ce travail en équipe peut contribuer aussi à ce que les modes d'expression choisis (chants, gestes, prières, etc) conviennent au plus grand nombre et les rejoignent dans leur manière de prier ou de vivre l'évangile. Car tout doit concourir à cela: depuis l'aménagement des lieux et la décoration florale jusqu'au contenu des prières.

 

A ce propos, il est important que l'équipe d'animation liturgique fasse appel parfois à d'autres groupes (jeunes, fraternités spirituelles, mouvements d'apostolat, etc) qui apporteront leurs façons d'être à l'écoute du Christ et du monde, leurs propositions de chants ou de prières. Cela peut enrichir tout le monde, à condition bien sûr que l'on ne prenne pas l'Assemblée ou la liturgie en otage. Car, lorsqu'on anime une célébration, il s'agit moins d'occuper une tribune liturgique que de "participer" avec et de "faire Eglise ensemble".

 

4  paramètres  à considérer dans toute préparation d'une célébration

 

- Le nombre des participants et la composition de l'Assemblée ( composition sociale, culturelle, sexe, âge, etc )

 

- L'enracinement local ( lien avec la communauté humaine, avec le quartier, le village, les réalités et les dynamismes du lieu, etc   )

 

- Le degré de solennisation de la célébration (célébration festive, occasionnelle, grande fête liturgique, etc )

 

- L'investissement  communautaire  des participants à la célébration, aussi bien par rapport à leur participation régulière à la vie liturgique (pratiquants réguliers ou occasionnels) que vis-à-vis des autres réalités qui manifestent l'Eglise: catéchèse et annonce de l'Évangile, prière, service des pauvres et partage.

 

 

D'une manière générale, pour éviter le danger d'une célébration qui reflèterait trop la sensibilité de tel ou tel membre de l'équipe d'animation liturgique - davantage encore, pour respecter la liturgie proposée par et pour l'ensemble de l'Eglise -, lorsqu'on prépare une célébration liturgique, il est conseillé de commencer par écouter la Parole Dieu, de l'accueillir ensemble, et de rechercher quelle peut être son actualisation pour l'Assemblée concrète qui va célébrer. Lorsqu'il s'agit d'une célébration eucharistique, cette écoute de la Parole de Dieu peut se faire dans son ordre d’accomplissement: Évangile – 1ère lecture , psaume, 2°lecture. On le sait, un lien étroit unit en effet l’Évangile à la première lecture, donc le Nouveau Testament et la Première Alliance,  celle-ci préparant et annonçant Celui qui l'éclaire: le Christ.

Après avoir écouté, et même prié, on peut alors se poser la  question – essentielle – qui  orientera l'ensemble du travail de préparation: Qu'est-ce que notre Assemblée va célébrer ce dimanche ou à cette occasion ? Le travail de préparation peut ensuite se poursuivre avec l'organisation de l'ensemble  de la célébration: préparation des lieux et des objets, composition florale, préparation de la prière universelle, choix des chants, etc. Toujours dans ce cadre, il faut  ensuite prévoir qui remplira les divers services requis par la célébration que l'on prépare: animation des chants et de la prière, lecture des différents textes bibliques, personne qui psalmodiera les psaumes, lecteurs de la prière universelle, personnes qui donneront la communion ou participeront, lorsqu'il y en a une, à la procession des offrandes.

Dans tous les cas, l’à-peu-près des services sollicités au dernier moment est inacceptable:   qui peut faire la deuxième lecture ? ” ; “ qui peut donner la communion ? ”…).  De même, on l'aura compris, un travail d’équipe ne consiste pas seulement à se répartir les tâches, chacun  agissant de son côté sans concertation. Tout doit être coordonné, de manière à favoriser l'unité et l'harmonie de l'ensemble des éléments de la célébration. Il est donc fondamental aussi que ceux et celles qui rempliront une fonction dans la célébration qui a été préparée puissent se concerter avec le ministre qui présidera la célébration, et même avec l'organiste, pour vérifier que tout est bien cohérent.

 

Parce que ce travail de préparation est exigeant, et qu'il nécessite beaucoup de temps et de personnes, il n'est pas dit que l'on doive préparer de la même manière toutes les célébrations. Un certain réalisme devrait ici nous conduire à favoriser les temps forts de l'année (Avent, Carême, Temps Pascal, Dimanche de rentrée paroissiale, Confirmation, etc). Toujours dans le souci que ce que l'on préparera correspondra bien à l'Assemblée concrète qui célèbre !

 

 

Des revues au service de la préparation de la liturgie

 

Les revues au service de la liturgie ne manquent pas, mais l'art réside dans leur utilisation. Avec deux extrêmes : récuser ces revues et s’investir dans un acte de création permanent, épuisant et éventuellement décevant;  à l'opposé, se servir de ces revues de manière servile, sans aucune adaptation, en reproduisant – recopiant -  sans discernement les éléments proposés. On oublie alors que ces revues ne sont pas normatives et qu'il n'y a pas, en matière liturgique, de "prêt à porter" ou de "prêt à penser" liturgique obligé.

Dans les faits, ces revues assurent une véritable tâche de formation, aussi bien par la qualité des éléments qu’elles proposent ou promeuvent,  par les fiches ou les articles de qu’elles comportent, que par leur encouragement à discerner dans ce qui est proposé ce qui convient le mieux à ceux qui participeront à la célébration liturgique 

 

Parmi les revues qui existent aujourd'hui, méritent une attention particulière :

 

Célébrer: Magazine mensuel du CNPL destiné aux animateurs de pastorale sacramentelle et aux animateurs d'assemblées liturgiques (eucharistie et assemblées dominicales en l'absence de prêtres). Chaque numéro présente des matériaux pour la célébration  dominicale. Ces matériaux ont complétés par un CD annuel “  célébROM ” , qui couvre l’année liturgique. Ce magazine est publié aux éditions du Cerf.

 

La Maison-Dieu: revue trimestrielle de recherche dans une perspective pastorale, Editions du Cerf.

 

Les Fiches Dominicales, qui étaient initialement composées par et pour le diocèse de Saint-Brieuc.

 

"Signes d’aujourd’hui", la  revue de l’animation liturgique ” et “ Signes musiques ”, la revue du chant liturgique. Ces revues sont éditées par Bayard-Presse

 

Dimanche en paroisse

           

      

3.1.      Aménagement des lieux et décoration florale

 

 

            Tout acte liturgique se déroule dans un espace géographique composé de différents lieux:   la nef, en particulier, comme lieu de l'assemblée et le sanctuaire, qu'on appelle communément le chœur. Dans le sanctuaire, on peut également délimiter différents lieux ou pôles : (1) l'autel, qui est le centre et le cœur  de la célébration; il doit apparaître, moins par son aspect monumental que par sa mise en valeur et le rayonnement que devrait susciter son volume mesuré et approprié. L'autel représente le Christ. C'est pour cela qu'il doit posséder, de par les matériaux dont il est fait (ainsi que par sa forme et sa beauté) une certaine dignité; il doit être aussi dépourvu de tout encombrement inutile. Viennent ensuite (2) le lieu de la Parole et  (3) le lieu de la présidence, à distinguer de l'autel, réservé à l'action eucharistique. Le lieu de la présidence est signifié par le siège. 

A côté de ces lieux qui se définissent  moins par des objets  (pupitres, sièges, etc ) que par des espaces bien situés et agencés, on ne peut oublier qu'une église paroissiale  comprend d'autres lieux. Eux aussi demandent à être pensés en rapport avec les lieux de l'eucharistie: le baptistère, le lieu du sacrement de Réconciliation, le narthex qui, une fois qu'on a franchi la porte de l'Eglise, peut correspondre à diverses fonctions d'accueil ou de seuil. Ainsi, à travers l'organisation de l'espace d'une église se dessine la figure de l'Eglise, corps du Christ.  Dans cet espace s'inscrit, en effet, la présence du Christ à son Eglise dans ses diverses modalités:  de manière éminente sous le signe du pain et du vin ( eucharistie ),dans la personne du ministre ensuite, enfin dans l'Assemblée réunie en son nom et dans la Parole de Dieu  proclamée et accueillie dans cette Assemblée.

A la lecture de ces quelques remarques, on aura compris que l'aménagement de l'Eglise est aussi un élément de la préparation d'une célébration. Dans chaque diocèse, une commission diocésaine d'Art Sacré est  habilitée à donner des conseils lorsque des travaux s'imposent ou à en autoriser la réalisation. En ce qui nous concerne, on se contentera de rappeler que, parmi les lieux qui devraient être particulièrement soignés, figurent, par ordre d'importance: l'autel, le lieu de la Parole, le baptistère, le lieu de la Présidence.

 

C'est ici d'ailleurs que l'on peut évoquer la décoration florale., si précieuse par les couleurs, la  joie et les parfums qu'elle apporte. Mais on précisera d'emblée qu'il ne s’agit pas simplement  de “ faire des bouquets ”, et qu'il y a un art qui n’est pas seulement de composition florale mais du "bouquet mis au service de la liturgie" . On y apprend que la discrétion dans les couleurs, la forme et la taille des bouquets y est préférable à la quantité et à une occupation excessive de l’espace liturgique. On y apprend aussi où mettre un bouquet, à quelle  distance du lieu qu'on veut mettre en valeur ( autel, ambon, croix, cierge pascal, etc), à quelle hauteur, etc. En liturgie, le bouquet n’est pas là, en effet, pour qu’on le contemple mais pour  éclairer ce qui est signifié ou ce qui s'accomplit dans l’action liturgique. De ce fait, le bouquet n’a pas de signification isolée. Avec les vitraux et la lumière qui en émane, avec les instruments de musique et les chants, il participe au rayonnement de l’action liturgique. Car tout  est au service de la louange, et tout doit l’exprimer .

Les commissions diocésaines de pastorale liturgique sont sensibles à ces différentes dimensions de l'art floral; elles proposent habituellement des formations. Un conseil pour terminer: là où des équipes de préparation des bouquets existent, qu'elles travaillent, surtout pour les grandes fêtes, en relation avec les équipes de préparation de la liturgie.

 

 

3.2.      Animation de la liturgie et chants

 

"Quand une phrase suffit, pas de discours; quand un mot suffit, pas de phrase; quand un geste suffit, pas de mot; quand un regard suffit, pas un geste" (D.Julien)

 

            Il faut le reconnaître, l'animation du chant et de la prière a contribué, de manière positive, à développer la participation de l'assemblée aux célébrations liturgiques. Il n'en est pas moins vrai que la place de l'animateur, son rôle et sa position dans l'espace de la célébration, demandent constamment à être précisés. La place de l'animateur ne peut en effet cacher ou mettre au second plan les pôles essentiels de la célébration que constituent l’autel, l'ambon et le siège de la présidence. De même, comme on le voit trop fréquemment encore, la place de l'animateur ne peut être simplement le pendant de l’ambon. Enfin, il faut sans cesse rappeler que l'animateur doit faire preuve de discrétion et d'attention à chacun et à tous. Il doit aider, soutenir, inviter…. sans se substituer à la participation de l’Assemblée… sans la couvrir de son chant…en usant d'une grande sobriété, aussi bien dans ses paroles que dans ses gestes.

            Avant d'évoquer la question des chants, on ne peut que se réjouir ici du fait que, de plus en plus souvent, on distingue l'animation du chant de l'animation de la prière. Mais il faut ici aussi faire très attention. Nous ne sommes plus en effet au début de la réforme liturgique, et les  "monitions", utiles et requises alors pour faciliter la participation ou soutenir l'attention, ne s'imposent plus de la même manière. Il faut donc se méfier de certaines prises de parole qui vont au-delà de ce que nécessite l'animation de la prière: assurer le lien entre les différentes parties de la célébration, susciter l'écoute, faire en sorte que la Parole puisse rencontrer ceux qui participent à cette célébration.

Ainsi, il n'est pas nécessaire d'introduire chaque lecture de la Parole de Dieu; il est même  tout à fait possible de n'introduire que la Psaume comme réponse, avec le Christ, à ce qui vient d'être lu; on peut également se contenter d'une simple introduction à l'ensemble de la Liturgie de la Parole par une brève monition. Dans tous les cas, il faut se méfier de certaines présentations des lectures qui sont un véritable résumé de ce qui n'a pas encore été lu !  C'est pour cela aussi que l'on préfèrera le mode interrogatif, plus approprié pour préparer les cœurs à ce qui va être lu.

 

 

Le Christ prie en  nous                                                  

 

" Notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, unique Sauveur  prie pour nous, prie en nous .

-  Il prie en nous comme notre prêtre,

-  Il prie en nous comme notre tête

-  Il reçoit notre prière comme notre Dieu

-  Réalisons qu'en lui, c'est nous qui parlons; et qu'en nous, c'est lui qui parle. C'est à lui, par lui , en lui que nous adressons nos prières. Nous parlons avec lui et il parle avec nous. Nous parlons en lui et il dit en nous la prière de ce psaume".

 

Saint Augustin. Psaume 85

 

 

            A propos des chants, on commencera par noter qu'on distingue dans le cadre même des prières liturgiques plusieurs catégories de chants:

 

-   des  actes rituels qui sont, de par leur nature même, des chants et réclament donc d'être chantés: c'est le cas, en particulier, du "Saint est le Seigneur" qui est le chant premier de la liturgie. C'est le chant de la terre et du ciel, de l'Assemblée qui, avec les anges et les saints,  proclame la sainteté du Dieu de l'univers. Dans cette catégorie, figure également le Gloire à Dieu  qui est fondamentalement une hymne; 

 

-   des actes liturgiques qui demandent à être accompagnés de chants: d'abord le chant de l'Alleluia qui précède la proclamation de l'Évangile. Sa fonction est d'accompagner la procession de l'Évangile; lorsqu'il n'y a pas de procession, le chant de l'Alleluia se réduit à une fonction d'acclamation. Dans ce registre, figure aussi le chant de l'Agneau de Dieu qui accompagne et éclaire le geste de la fraction du pain, ce qui suppose donc que ce rite ait une réelle consistance. Enfin, mentionnons ici les chants de processions qui accompagnent la procession de la  communion, les processions d’entrée et d’apport des dons;

 

-    des textes  qui,  de par leur genre littéraire, demandent à être chantés: ce sont les strophes des psaumes que l'on psalmodie à partir de quelques notes, la Préface, le "Seigneur prends pitié" comme supplication ou le chant de l'anamnèse comme acclamation . On entrevoit ici le rapport étroit qui doit exister entre la musicalité et l'expression de la prière, selon qu'il s'agit d'une prière de louange, d'une adoration, d'une intercession ou d'une supplication .

 

 

A côté de ces prières ou de ces textes que l'on doit chanter, il y a les chants liturgiques qui viennent habiller nos célébrations. Disons-le tout de suite, tous ne conviennent pas nécessairement à la liturgie. C'est pour cela qu'il ne suffit pas de se laisser enthousiasmer par le dernier disque écouté ou par une célébration fervente à laquelle on a participé. Plus que jamais, choisir un chant nécessite donc que l'on fasse appel à certains critères et que l'on ait une certaine habitude de cette pratique. On trouvera ci après une grille possible d'analyse, mais si l'on devait se contenter de quelques questions avant de choisir un chant, ce pourraient être: que chante-t-on ? comment ? à quel moment ?

Quoi qu'il ne soit, il faut toujours privilégier des chants qui ont une relation directe avec l'acte liturgique que l'on célèbre et qui le rendent "chantable"

                                  

Apprendre à lire un chant                                      

                                            Grille d'analyse                                                                 

 

1)          Perception globale ( à l'écoute)

 

- Quel est le thème de ce chant ?

- Quelle est sa destination : fonction, rite, temps ?

- Pour quel type d'assemblée ?

 

 

2)         Analyse du texte 

 

- Quelle est sa structure ? Quelle est la progression du texte : du couplet au refrain , du

   1er au dernier couplet ? 

- Y-a-t-il des mots ou des phrases clefs ?

-  Le langage est-il concret, abstrait, imagé ? moralisant ? dogmatique ? Qui parle ? à

   qui ? pour dire quoi ?

- Quelles images utilise-t-on ? bibliques ou autres 

- Le texte tient-il de lui-même ? Est-il adapté au peuple chrétien (de manière

 permanente ? ici et maintenant ?)

 

 

Du point de vue du contenu de la foi :

           

       - Que dit le texte de Dieu ? de Jésus ? de l'Esprit ? du monde ? de la relation Eglise-

monde ? homme-monde

- Que fait Dieu ? Que fait l'Eglise ?

- Quel style de croyants ce chant peut-il susciter ? édifié par ce chant ? quelle Eglise ?

 

3)    Musique

           

  -  Quel type de mélodie ? Tient-elle seule, sans accompagnement ou polyphonie ? est-    elle facilement mémorisable ? Quel est le ton, le rythme, tempo ?

- De quel genre s'agit-il : choral ? folklore ? chansonnette ? , etc 

rythmé, etc..

 

 

4)         Lien texte – musique

 

- La musique sert-elle le texte ? l'amplifie-t-elle ou le fait-elle  oublier ?

- La musique correspond-elle à la nature des textes ou y-a-t-il des incohérences ? 

 

 

5)         Mise en œuvre

 

  - Pour quel type d'assemblée ?

  - Par qui : soliste, chœur, foule ?

- Pour quelle époque liturgique ? pour quel moment de la célébration ?

- Avec polyphonie ? avec ou sans instruments ?

- Quels dangers à éviter dans l'interprétation ? quelles contre indications d'utilisation ?

- Comment l'enseigner ce chant ? Apprentissage

 

6)               Appréciation

 

            - Comparer : chant écouté (disque), chant appris (répétition), chant chanté (célébration)

 

 

 

Toujours à propos des chants, il n'est pas souhaitable que l'on soit dépendant d'un seul type de répertoire et d'un seul genre d'écriture musicale ou littéraire. Adultes et enfants, différemment, ont besoin de chants qui leur permettent de participer véritablement à l'action liturgique en évitant, aussi bien pour les uns que pour les autres, toute forme d'infantilisme ou au contraire d'un esthétisme excessif.

 Lorsqu'on bâtit un répertoire de chants, il faut donc tenir compte de leur réception, possible ou non, par une assemblée concrète et de leur capacité à survivre à certaines modes. Évidemment, il faut également que ces chants aient un rapport évident avec l'acte liturgique auquel on participe et le temps liturgique où l'on se trouve. De manière plus générale encore, la gestion des chants nécessite un équilibre entre des chants plus anciens ( car la mémoire sert l'expression  de la foi ) et des chants plus récents. A ce propos, on comprendra qu'il soit totalement déconseillé de faire apprendre un chant nouveau tous les dimanches ! Ici aussi, une pédagogie des apprentissages s'impose. Heureusement, des formations nombreuses et diversifiées existent dans la plupart des diocèses. Car enseigner à chanter – comme animer un chant - ne s'improvise pas. 

 

Protocole pour les cotes des chants                            

 

AL       Ordinaire de la messe

A         Chants d’entrée , Assemblée

B         Présentation des dons ,prière universelle

D         communion ; anamnèse , action de grâce , louange

E          Avent , attente , espérance

F          Noël , Épiphanie, Incarnation

G         carême , pénitence , conversion

H         Passion , Croix , Rédemption

I           Pâques , baptême , vie nouvelle

J          Ascension , ciel

K         Pentecôte , Esprit Saint  , Eglise

L          Trinité , Fête-Dieu , Sacré-Cœur

M        Chants propres aux dimanches ordinaires

N         ordinations ; professions religieuses

O         Mariage

P          Hymnes de l’office divin

R         Divers

S          Défunts

T          Mission , envoi , témoignage,

U         Acclamations chants évangéliques

V         Vierge Marie

W        Saints

X         Répons

Y         Litanies , prières litaniques

Z          Psaumes , cantiques bibliques

 

 

            3.3.      Lecteurs et autres intervenants dans la célébration liturgique 

 

 

Avant d'évoquer de manière plus particulière la tâche des lecteurs, on me permettra de rappeler ici que de nombreux services doivent être assurés au cours d'une célébration liturgique: je songe d'abord aux personnes appelées à distribuer la communion, ensuite à celles qui recueillent les offrandes – quête -  ou qui les apportent: pain  et vin, fleurs, cierges; aux personnes chargées de l'accueil au début de la célébration ou même d'aider les fidèles à trouver une place; à l'animateur, chargé, comme cela a déjà été dit, non de se substituer à la prière ou au chant de l'Assemblée en couvrant celle-ci de sa voix, mais de faciliter et de susciter la participation de tous. Je n'oublie pas également l'organiste qui, bien que souvent effacé, joue un rôle primordial (accompagnement des chants et jeu instrumental à différents moments de la célébration), ainsi que la chorale, le(s) soliste(s) et les  servants d'autel.

Toute célébration liturgique nécessite que l'on s'assure du bon ajustement de ces différents services. Des célébrations plus solennelles exigent un relevé plus précis du déroulement ( " le conducteur " ) de  ce qui se fera et une excellente coordination des divers intervenants; c'est  généralement la tâche du "cérémoniaire ". Enfin, il ne faut pas oublier les personnes qui sont chargées de la sonorisation ou de l'éclairage, pas plus d'ailleurs que les sacristains qui s'occupent de la préparation et du rangement des vêtements et des ustensiles sacrés. Aucune de ces fonctions ne doit être sous-estimée. Toutes sont nécessaires à l'action liturgique. Reste qu'il sera toujours opportun de s'assurer qu'aucune fonction n'absorbe ou n'empiète indûment sur celle des autres; ce risque guette surtout les présidents ou les animateurs d'Assemblée qui peuvent être amenés à faire ce qui relève normalement  d'une autre fonction .

Ajoutons à ces différentes remarques que, sans qu'il doive intervenir de manière particulière, c'est au ministre qui préside d'assurer le service de l’unité de la célébration et de l’Assemblée. Aussi importe-t-il qu’il connaisse le déroulement de la célébration, et pas seulement ce qu'il doit faire.

 

Pour ce qui est des lecteurs, une règle doit d'abord être rappelée: on ne demande pas à quelqu’un de lire pour lui faire plaisir  mais  pour que l’Écriture puisse advenir comme Parole au cœur de l’Assemblée. C'est dire l'importance du service rendu par les lecteurs, puisqu'ils doivent aider l'Assemblée à écouter le Seigneur et à accueillir sa parole vivante. De cela, il résulte que la   proclamation  de la Parole de Dieu nécessite une préparation. Cette préparation, si elle concerne l'acte de lecture, peut-être également d'ordre spirituel. On commence par accueillir au plus profond de soi-même ce qu'on lira ensuite à l'adresse de l'Assemblée.

Toujours à propos de l'acte de lecture, on notera que la lecture est faite pour être entendue, mais que ce n’est pas seulement une affaire de volume ! A cet effet contribuent la diction et l’articulation, la voix, le ton, le rythme, les coupures et les pauses, l’utilisation du micro - à 20 cm de la bouche -,l'attitude générale et la façon de se tenir, le rapport du corps vis-à-vis du livre et de l'Assemblée, le regard enfin. Ici deux extrêmes sont à éviter: le premier consiste à porter son regard exclusivement sur le livre comme si l'Assemblée était inexistante; le second consiste à ne regarder que l'Assemblée, en oubliant par le fait même le service de la Parole. Il faut donc trouver un juste équilibre entre ces deux extrêmes. Comment ? En n'exerçant aucune mainmise sur l'Assemblée, en favorisant l'écoute, en conjuguant le regard et la voix: le regard qui va jusqu'au fond de l'Assemblée tandis que la voix "profère" la parole que l'on sert ( profération: fait de porter en avant). C'est l'attitude du serviteur et du prophète.

 

 

3.4.      La prière universelle

 

L'expression "prière universelle" indique, d'emblée, que ne doivent pas être seulement pris en compte, dans cette prière, les seuls besoins des participants ou de la communauté qu’ils forment. Cette prière,  appelée par la foi et nourrie par la Parole de Dieu écoutée, doit s'ouvrir en effet à tous les hommes, aimés et présents  dans le cœur de Dieu. C'est pour cela que quatre types de demandes composent habituellement la prière universelle: pour l’Eglise et tous les baptisés (pour ses ministres aussi, plus particulièrement en certaines circonstances); pour la vie du monde, les responsables des affaires publiques et sociales; pour les personnes éprouvées; pour la communauté locale. Ces quatre orientations ne sont pas un carcan, mais un cadre utile pour vérifier l'attention de l'Assemblée à l'universalité du dessein de Dieu.

La prière universelle n’est pas, non plus, un cahier de doléance présenté à Dieu - à moins que ce ne soit aux participants (!) -, ni une séance d’élévation morale ou spirituelle. Il s’agit de présenter des personnes vivant des situations concrètes. On ne prie donc pas tant pour des idées (prier pour la liberté, par exemple ) ou des catégories abstraites, que pour des personnes concrètes. Comme cela a déjà été dit, si, pour  formuler les intentions de la "prière universelle", les suggestions des revues liturgiques sont d’un grand secours, celles-ci ne doivent pas détourner les équipes liturgiques de leur charge première : le service concret  de la prière de l’Assemblée. On comprendra donc que l'on ne puisse pas se contenter de formules ou d'intentions toutes faites. Enfin, la nature même de cette prière exige que l'on soit vrai dans l'élaboration des intentions et concis. Il ne faut pas oublier également que les intentions sont proposées pour être priées ; d'où le bref silence qui devrait suivre chacune de ces intention, silence suivi d' une prière chantée ou dite.

Dernière remarque, cette prière est aussi appelée “ prière des fidèles ”. Pourquoi ? Parce qu'initialement elle engageait les seuls baptisés (les “ fidèles ”, membres du Christ), les catéchumènes ayant été renvoyés à l’issue de la liturgie de la Parole.

 

 

3.5.      Et l'évaluation ?

 

 

            Toute célébration liturgique nécessite que l'on articule préparation, célébration et 'évaluation. Or, il faut bien le reconnaître, on procède assez rarement à une évaluation de la manière dont s'est déroulée telle ou telle célébration. Le plus souvent on se contente d'ailleurs d'impressions recueillies à chaud  ou d'appréciations  subjectives: "j'ai aimé" , "je n'ai pas aimé",  ,"c'était bien". Cela ne suffit pas. Une évaluation plus objective est nécessaire, non seulement pour le service de l'Assemblée mais aussi et surtout pour celui du Mystère de la foi célébré.  Comme pour la préparation de la célébration, on doit donc prévoir une grille d'évaluation. Parmi les éléments à évaluer peuvent intervenir:  le déroulement global de la célébration, sa progression, les équilibres requis, la participation de l'Assemblée, la mise en œuvre des différentes fonctions. On peut aussi vérifier la  pertinence des certains choix, comme tel chant qui aura semblé inadapté à cette Assemblée ou qui a mal fonctionné, comme tel geste ou tel signe.

 

 

L'évaluation  constitue un  exercice de détachement, souvent bien utile, ne serait-ce que parce qu'aucun intervenant dans la célébration n'est exempt du risque d'un trop grand  attachement à ce qu'il a fait ou dit. L'évaluation régulière a également pour avantage de situer chaque célébration dans une suite d'actes liturgiques qui s'éclairent et s'enrichissent mutuellement, le contraire d'une célébration liturgique qui serait une acte isolé ou une entité autonome. Enfin, l'évaluation régulière aide la communauté à grandir dans sa capacité à célébrer, comme dans son engagement à vivre ce qu'elle célèbre.

 

 

       Une liturgie vivante

 

On connaît la requête. On pressent également ce que cette requête cache comme inquiétudes ou triste réalité: assemblées pas toujours vivantes, souvent désertées par des tranches d’âges ou même certains types de croyants. On attend alors des recettes, car on estime que les liturgies ne sont vivantes que si elles nous font vivre ! Mais on évite, par le fait même, de poser des questions qui concernent aussi bien ceux qui ont participé à la célébration liturgique que ceux qui l'ont préparée. 

 

Du côté des participants, des questions semblent s'imposer: comment nous sommes-nous laissés prendre par l’action liturgique ? nous sommes-nous montrés réceptifs,  perméables à ce qui était célébré ? quel a été notre consentement intérieur ? Sommes-nous vraiment convaincus qu'une liturgie ne peut pas nous faire vivre sans nous, sans un accord et une préparation intérieure ?  

 

Du côté de la préparation et de la célébration elle-même, voici quelques questions qu'il pourrait être profitable de se poser de manière régulière: s'il est vrai que la Liturgie vit par tout ce qui s’effectue dans une célébration, et que tout peut donc devenir le lieu d'une interrogation, ce que l'on a chanté, comment l'a-t-on chanté ? les gestes que l'on a posés, étaient-ils justes ? quand la Parole de Dieu a été proclamée, comment l’a-t-elle été ? sa lecture a-t-elle favorisé l'écoute de tous ? quand on a dit que l'on priait ( cf “ prions le Seigneur ” ), a-t-on respecté le silence que cette prière exigeait, comme le silence qui suit l’invitatoire ? au moment de la fraction du pain, a-t-on laissé entrevoir, par la vérité et la beauté du geste ou par la litanie du chant de "l’agneau de Dieu", le don du Christ que l'on allait accueillir pour que, dans un même mouvement, nous apprenions à vivre de ce don ?

 

D'une manière générale, ces différentes interrogations renvoient chacun à son aptitude à entrer dans la dynamique d'une célébration liturgique et dans son mouvement, plus largement même dans l’intelligence de la liturgie et de ce qu'elle permet de vivre -, mais cela renvoie plus particulièrement ceux qui préparent une célébration pour qu'ils s'interrogent sur leur capacité à être véritablement attentifs aux communautés qu'ils doivent servir, loin du prêt-à-porter souvent adopté. Réapparaît ici tout ce qui a été dit à propos des chants qui conviennent à tel  ou tel type d’Assemblée, des choix que l'on va effectuer par rapport au déroulement de la célébration, de maintes détails qui l'on sous-estime parfois, alors qu'ils appartiennent  à la liturgie ordinaire et servent l'unité et la saveur de la célébration.

Se pose alors la question de la créativité qui ne consiste pas nécessairement à modifier l’ordonnancement rituel pour rendre la célébration plus inhabituelle et surprenante, mais à travailler l’"aujourd’hui" de la célébration qui ne se réduit pas à une question d'actes à accomplir ou à ne pas accomplir.

 

Au delà de l'investissement intérieur de chacun, la vérité et la qualité des gestes accomplis apparaissent donc déterminantes. Étonnamment, du moins à première vue, les  célébrations avec les enfants sont ici particulièrement instructives, comme les célébrations pénitentielles ou de la Parole ( qui ne sont pas nécessairement sacramentelles). On peut d'ailleurs se demander si l’absence – apparente - de vie des célébrations ne résulte pas souvent d’un déficit de la compréhension de l’agir symbolique mis en œuvre par la liturgie. A cet égard  les célébrations papales des grands rassemblements ( cf la célébration à baptismale à Paris, lors des JMJ) ou du Grand Jubilé ( cf par exemple la célébration œcuménique à la basilique Saint-Paul-hors-les-murs )  constituent d’heureux témoignages d’une vivante liturgie .

 

 

La liturgie, source et sommet de la vie chrétienne

 

 

Selon une expression du Concile Vatican II, reçue et citée fréquemment, la liturgie est reconnue comme étant la "source et (le) sommet de la vie Chrétienne " ( SC 10 ). C'est indiquer que  la liturgie "ne remplit pas toute la vie de l'Eglise" ( SC 9 ) et qu'elle ne constitue donc pas toute son activité; elle fait partie des multiples médiations qui nous donnent de communier au  salut  de Jésus-Christ. Au nombre de ces médiations, on peut mentionner entre autres: le dynamisme évangélique inscrit dans les réalités de ce monde, l'annonce de la foi, la catéchèse, l'écoute de la Parole de Dieu, les sacramentaux (cf.encadré) ou encore les "exercices sacrés " ( SC 13).

 Les expressions de la foi sont donc multiples, comme les lieux de sanctification ou de la glorification  rendue au Père par le Christ. Reconnaître cela, c'est situer la liturgie, non comme une parenthèse ou un en-soi, mais comme une réalité de la vie ecclésiale qui donne sa signification réelle et ultime à l'existence de chaque vie comme au pèlerinage de l'Eglise et de l'humanité entière: " La liturgie est le sommet auquel tend toute la vie de l'Eglise,, et en même temps la source d'où découle toute sa vertu " ( SC 10 ). Toute chose trouve ainsi son origine et son accomplissement dans le Christ. C'est cela que la liturgie nous donne d'annoncer, de  contempler, de célébrer et de vivre. Bref, ce qui s'ébauche aujourd'hui, dans l'existence de chaque baptisé qui ouvre sa vie au Christ vivant en lui, par lui et pour lui - dans la liturgie de la terre vécue au cœur de la vie -, c'est ce qui se déploiera dans la liturgie céleste, dans la fête éternelle.

 

 

Les sacramentaux

 

A côte des sacrements, il y a les sacramentaux. Ces sont des actes liturgiques qui ont quelque ressemblance avec les sacrements: par les signes utilisés (pain, lumière, eau, etc), par leur signification: c'est le cas, par exemple, de l'eau bénite présentée dans le bénitier ou répandue en aspersion qui signifie et rappelle le baptême. D'une certaine manière, les sacramentaux précèdent donc ou prolongent les sacrements. Au nombre d'entre eux figurent d'abord les bénédictions, mais aussi les prières pour les mourants et le rituel des funérailles, l'exposition et la bénédiction du saint Sacrement, ou encore toute célébration de la Parole.

De manière générale, les sacramentaux rejoignent donc l'homme dans son existence, et, au cœur de la création, dans ses différentes manières de l'évangéliser et de la sanctifier.


           Bibliographie

 

            Ouvrages généraux sur la liturgie

 

            P.de CLERCK, L'intelligence de  la liturgie, coll."Liturgie", Cerf

 

            Du bon usage de la liturgie, "Guides célébrer", CNPL, 1999

 

            L'art de célébrer, "Guides Célébrer", CNPL, 2000

 

J.GELINEAU et collaborateurs, Dans vos Assemblées, Manuel de   pastorale,  2 tomes, Desclée, Nouvelle édition, 1998.  - Réédition de la nouvelle édition 1998

 

J.LEBON, Pour vivre la liturgie, Cerf, 1986

 

A.G.MARTIMORT et collaborateurs, L'Eglise en Prière, 2ème édition, 4 volumes, Desclée, 1983 1984 (  approche historique )

 

L.M.RENIER et collaborateurs, Exultet,  l'encyclopédie de la liturgie, Bayard, 2000

 

M.SCOUARNEC, Vivre, croire, célébrer, réed Foi vivante n°349, Editions de l'Atelier, 1995

 

M.SCOUARNEC et L.MALLE, Abécédaire de la célébration chrétienne, coll."Vivre, croire et célébrer", Editions de l'Atelier, 1999.

 

 

A propos de la Messe

 

Ph.BEGUERIE, Pour vivre l'Eucharistie, Cerf, 1993

      

R.CABIE, Histoire de la Messe, des origines à nos jours, Bibliothèque d'Histoire du Christianisme  n°23, Desclée, 1990

 

R.CABIE, La Messe tout simplement, ed. de l'Atelier, 1993. Coll.Tout simplement

 

J.GELINEAU, Les chants de la messe dans leur enracinement rituel, Coll.liturgie, Cerf, 2001

 

L.DEISS, La messe, sa célébration expliquée, 1994

 

M.METZGER, Histoire de la liturgie eucharistique

 

              Pour célébrer la messe, Présentation Générale du Missel Romain, CLD, 1989

             

              Pour célébrer la messe,  Parole de Dieu et Année liturgique, CLD, 1998

 

Proclamer la Parole, "Cuides célébrer", CNPL, 1999

 

 

 

Mais encore

 

Ph.BEGUERIE et Cl.DUCHESNEAU, Pour vivre les sacrements, Cerf, 1989

 

Chroniques d'art sacré, revue trimestrielle du CNPL – Comité National d'Art Sacré, Ed.CLD

 

Pour célébrer la Prière des Heures avec l'Eglise, CNPL, 1994

 

       *******************

 

                                                  PLAN     

 Quand on "est de liturgie"

 

                        1.         Célébrer

                                  

                                   1.1.      Célébrer ensemble

                                  

                                   1.2.      Célébrer à un moment donné

 

                                   1.3.      Célébrer avec des rites

 

 

                        2.         Célébrer la liturgie

 

 

                                   2.1.      Faire mémoire du Christ Sauveur

 

                                   2.2.      Au cœur de la liturgie: la prière du Christ

                                              

                                                           Le ministère de présidence

 

                                                           La Parole de Dieu

 

                                   2.3.      La liturgie au cœur de la vie

 

                                   2.4.      La liturgie au cœur du temps

 

                                                           La célébration du dimanche

 

                                                           L'année liturgique

 

                                                           Le jour

 

 

                        3.         Préparer et animer une célébration liturgique

 

                                   3.1.      Aménagement des lieux et décoration florale

 

                                   3.2.      Animation de la célébration et des chants

 

                                   3.3.      Lecteurs et autres intervenants dans la célébration liturgique

 

                                   3.4.      La prière universelle

 

                                   3.5       Et l'évaluation ?

           

            La liturgie, source et sommet de la vie chrétienne

 

            Bibliographie

 

            Principaux encadrés

 

                        La réforme liturgique du Concile Vatican II: caractéristiques et apports

                        Des sigles à retenir

                        Assemblée et communauté

                        Les livres liturgiques en langue française

                        A propos des rites: quelques citations

                        Principaux rituels en langue française, avec leurs dates de publication

                        La liturgie dévoile l'aujourd'hui de Dieu: quelques prières liturgiques

                        Retrouver le sens de la bénédiction

                        Culte ou liturgie ?

                        La liturgie et le Christ

                        L'unique table de la Parole et de l'Eucharistie

                        "Lex orandi, lex credendi"

                        Les "exercices sacrés" et la liturgie

                        Célébration Dominicale en l'Absence de Prêtre (ADAP)

                        Le culte eucharistique

                        Tableau récapitulatif du cycle de l'année liturgique, des solennités et des fêtes

                        4 paramètres à considérer dans toute préparation d'une célébration

                        Des revues au service de la préparation de la liturgie

                        Le Christ prie en nous

                        Apprendre à lire un chant: grille de lecture

                        Protocole pour les cotes des chants

                        Une liturgie vivante

                        Les sacramentaux

 



 

 


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