le Mariage civil ?   



 

 

Faut-il se marier civilement ?

 

     La question est  posée par des couples de tous âges.

     Ne pourrait-on pas se marier religieusement sans se marier civilement ?

 

         Les raisons invoquées sont diverses :

 

-         le mariage civil est perçu comme seulement administratif, affaire de « papiers ». On regrette sa faiblesse rituelle et symbolique.

 

-         le mariage voulu est plus qu’un cadre administratif . On opposera donc le mariage religieux et les valeurs qu’il exprime et véhicule et le mariage civil jugé peu signifiant.

 

-         Vivre en accord  avec la loi de l’Eglise et désirer donner à son union la signification sacramentelle du mariage sans pour autant, par un mariage civil, modifier son statut social (suite à un veuvage notamment) ou sa situation économique (pensions)

 

-         Enfin pour l’Eglise catholique, il n’y a de mariage valide pour un catholique, que contracté devant elle, si bien qu’un baptisé-catholique qui s’est marié seulement civilement n’est pas à ses yeux marié.

 

       Oui, le mariage civil [1] est requis précédemment au mariage religieux.

 

  • La loi française exige le mariage civil préalablement à toute célébration religieuse, quelle qu’elle soit. Cette loi et sa norme s’appliquent à l’Eglise. L’Eglise n’a aucune raison de s’y soustraire. Quelle que soit la dévaluation du mariage civil, son écart de plus en plus grand avec les valeurs évangéliques (un mariage-contrat entre époux, fait et défait ; les conditions du divorce), il n’en reste pas moins que la mariage constitue le cadre juridique civil le plus à même de pouvoir recevoir la conception chrétienne du mariage.

 

  • L’Eglise par ailleurs se doit de faire attention  aux conséquences du mariage civil, qui crée des droits et des devoirs entre les époux.. Le respect  des personnes réclame le respect des conséquences juridiques du mariage. On ne peut concevoir une véritable union qui n’aurait aucune inscription et forme juridique, laissant les situations aller au gré des sentiments

 

  • De plus l’approche  individualiste contemporaine ne comprend le plus souvent le couple que comme une réalité intime –  qui ne concerne que le couple lui-même, ensuite élargie au cercle d’amis. Mais aucune incidence sociale !

Cette vision  du couple humain n’est pas celle de l’Eglise.

Le mariage est au fondement de la vie sociale ; la famille, cellule de la société, est le lieu nécessaire et  premier où chacun va  apprendre à vivre, se développer, se construire.

 

 

On ne sera pas étonné dés lors que l’Eglise se plaise à souligner l’importance du mariage civil, un appui social  nécessaire.

 

L’Eglise se réjouit des initiatives municipales qui ici ou là tendent à revaloriser le mariage civil, à établir parfois une « préparation » pour découvrir la portée civique et sociale, pour étoffer la ritualité du mariage civil.

 

Un texte nous a paru dire tout l’intérêt que l’Eglise accorde au mariage civil. Il émane de Mgr Decubes.

 

 

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Déclaration de Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen, et président du Conseil pour les questions familiales et sociales de la Conférence des évêques de France, le 17 janvier 2008.  Texte du secrétariat de Mgr Descubes

 

Le mariage est considéré dans toutes les civilisations comme une institution fondatrice de la société et indispensable à sa cohésion sociale. Se marier est un acte public prenant à témoin l'ensemble de la communauté de l'engagement entre un homme et une femme. Il est opportun de le rappeler au moment où serait envisagé qu'une procédure de divorce soit instruite devant un notaire et non plus devant un juge.

 

Il n'est pas certain que l'on ait mesuré les conséquences sociales de cette disposition qui rapprocherait le mariage du Pacs (pacte civil de solidarité) dont on peut sortir sans contrôle et rapidement. Seules des modalités de divorce n'introduisant aucune confusion entre le mariage et les autres formes de contrat civil permettront d'affirmer la valeur irremplaçable du mariage pour les couples, les enfants et la société.

 

Il est utile de rappeler ce que représente le mariage pour la société. Le mariage est l'engagement entre un homme et une femme qui, devant la société et avec la société, décident de créer une cellule sociale basée sur l'amour, la dignité et le respect mutuels, dans laquelle l'enfant aura la garantie d'être accueilli et aimé dans un climat de confiance, de grandir et d'être éduqué dans la durée et la stabilité.

 

Le mariage est aussi une structure dont la société a besoin pour se construire et pour durer. Il sert le bien commun. Sa dimension sociale est reconnue et approuvée par la loi.

 

Il établit donc une distinction entre un comportement institué et un comportement privé. Canalisant les effets d'un amour qui serait trop subjectif, le mariage est un appui et un cadre. Et, au moment où les imprévus de l'existence de l'un ou l'autre conjoint tendraient à le fragiliser, il instaure une obligation de secours mutuel.

 

La société est le tiers institutionnel qui fait sortir ceux qui se marient du gré à gré d'un engagement privé, et les fait entrer comme acteurs responsables dans une communauté. En retour, elle a des devoirs de protection et de soutien de cette institution.

 

Un engagement publiquement institué peut-il se rompre de manière privée ? La tendance à une privatisation du mariage civil fragiliserait les structures sociales à notre époque où l'individualisme est prédominant.

 

Le mariage n'est pas un arrangement privé. Il ne peut pas se résilier comme un bail. La société doit protéger ses institutions au risque de disparaître elle-même.



[1] Des personnes pacsées, désireuses d’un mariage religieux, doivent donc contracter préalablement un mariage civil.

 


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