le parcours eucharistique   



 

  LE PARCOURS EUCHARISTQUE

 

 

   1  /   LE  CULTE EUCHARISTIQUE :  UN « VIVRE »  EN EUCHARISTIE

   notre existence eucharistique , lieu du culte et de l’adoration

 

  • L’adoration est au cœur de l’eucharistie ( elle en est une des dimensions  )

Elle ne se limite ni à un moment   de la messe  ( consécration ), comme une parenthèse, ni à fortiori elle n’appelle pas une coupure  particulière qu’on instaurerait dans ce but ( temps d’adoration suite à la consécration )

L’adoration ne se résume pas aux gestes extérieurs et attitudes qui l’expriment.

Elle s’exprime par l’orientation de notre cœur et de notre vie toute entière prenant part à l’acte eucharistique.

La liturgie eucharistique s’accomplit dans la mise en œuvre  des 3 actes  : prendre le pain et le vin , bénir et rendre grâce, rompre et donner ) . L’adoration s’inscrira dans la reconnaissance du don renouvelé , rendu présent et reçu – don de la vie du Christ, source de notre vie .Tout l’action eucharistique met en œuvre ce mouvement de communication du don, de participation et de communion. L’adoration réside dans cet acte de reconnaissance du Christ et de son acte d’offrande, en participant à notre tour à son offrande, en entant dans ce même mouvement de don .

L’adoration est un acte de volonté aimante. Il s’agit de se tourner vers Dieu de manière à lui rendre gloire…de se laisser transfigurer par la présence du Christ .

 

  • Dans l’eucharistie , nous devenons les véritables adorateurs par l’Amen  à vivre . Notre vie devient en toute chose l’ « Amen » que nous disons en recevant le corps du Christ .
  • en communiant au même mouvement d’amour et de don de Jésus, en action de grâce,

en devenant une « vivante «offrande »

en mangeant, buvant et …devenant la Pâque du Christ

  • en nous engageant à la suite de Jésus…lien entre le chemin pascal dans la foi et l’éthique,chemin pascal en notre existence .

 

Une existence eucharistique ( convertie , changée en la vie du Christ) :

de même que par la puissance de l’Esprit , les paroles du Christ – par le ministère du prêtre- trouvent leur réalisation, le pain et le vin devenant réellement, sacramentellement   son corps…de même    par la puissance de l’Espri,t l’Assemblée devient elle-même corps réel du Christ en participant à son offrande , en communion à son corps sacramentel.

L’eucharistie nous configure en celui que nous recevons ( cf St Augustin : )

L’eucharistie forme en nous la vie e du Christ, l’union avec Dieu .

 

L’eucharistie façonne des attitudes eucharistiques qui manifesteront le « culte » eucharistique  en notre vie :

-         l’action de grâce,

-         la conversion du pouvoir ( en devenant serviteur - le service est à la source de l’eucharistie cf lien de l’institution de l’eucharistie et du lavement des pieds),

-         le partage envers les pauvres,

-         le pardon et la réconciliation … « la paix soi avec vous »… »je vous donne ma paix »,

l’amour des ennemis,

-         le témoignage de l’unité : « voyez comme ils s’aiment », la communion universelle,

une ouverture à tous ( prendre en sa prière, en sa vie et en ses mains  le monde entier et sa misère),

 

et encore :

-         le dépouillement de soi, vivre en homme (femme) libre dans le Christ,

-         amour des petits et des pauvres,

-         amour sans limite ( « il nous a aimés jusqu’au bout » ),

-         obéissance intérieure , dépendance – écoute du Père , adoration

-         l’intercession ( éveil à la compassion au salut universel,

 

«  Je vous exhorte par la miséricorde de Dieu à offrir vos personnes en hosties vivantes, saintes, agréables à Dieu. C’est là le culte spirituel que vous avez à rendre à Dieu »

 Lettre aux romains 12/1

 

Nous faire à notre tour don  .

L’eucharistie nous demande de prendre en compte les conséquence de l’eucharistie ( les congrès eucharistiques de Lourdes («  Jésus-Christ pour un monde nouveau »)  et de Séville ( «  eucharistie et évangélisation » ) ont souligné ce lien  et éduqué à une vie eucharistique dans cette perspective .

 

«  le sacrifice spirituel des chrétiens est enraciné dans l’eucharistie : que la vie quotidienne atteigne – instant après instant à la qualité pleine d’un don total de la vie »

Ghislain Lafont, eucharistie p 124

 

2  /   UN  RAYONNEMENT    EUCHARISTIQUE

UN  DEPOIEMENT EUCHARISTIQUE

 

le « rayonnement » renvoie au centre , à la source  , à la diffusion,

le « déploiement » renvoie à l’étendue, l’extension, le prolongement,

Différentes formes de culte eucharistique.

 

3 –1 de l’Eucharistie gardée à l’eucharistie adorée

Pain de vie , l’eucharistie est gardée traditionnellement :

-         en premier lieu comme viatique, pain du voyage à l’heure de l’accomplissement

de la pâque du chrétien , à l’heure de la mort,

-         pour distribuer la communion notamment aux malades

C’est la conservation des saintes espèces  pour les malades qui a amené la coutume d’adorer le pain du ciel.

 

Aussi aura-ton comme aspects concernant l’eucharistie en dehors de la messe

(cf rituel de ce nom) :

-         la conservation du pain eucharistique ( hosties consacrées)  et les conditions et lieux

de sa garde

-         la distribution de l’eucharistie :

§         en dehors de la messe ,

§         aux malades,

-         l’adoration eucharistique 

-         les expressions publiques

·        exposition , bénédiction du Saint Sacrement

·        processions

·        congrès eucharistiques

 

Le culte eucharistique signifie et concrétise de manière constante et dynamique :

-         la relation de toute chose à l’eucharistie, à la pâque de Jésus…dans le temps et dans l’espace,

-         la participation de ce monde à la pâque du Christ.

 

Différentes formes de culte eucharistique ont jalonné principalement le second millénaire

 

Aujourd’hui l’intention de l’Eglise est de faire apparaître , dé couvrir que :

« la présence sacramentelle découle du sacrifice et tend à la communion sacramentelle et spirituelle »

 

Que la mise en œuvre , la compréhension , la signification du culte eucharistique soient

 la prolongation du mystère célébré

et à leur tour  préparation du sacrifice et de la communion.

 

Que toutes les dimensions de l’eucharistie soient donc présentes dans le culte eucharistique :

-         le mystère pascal

-         la Parole

-         le Mémorial

-         l’action de grâce

-         l’intercession

-         le mouvement trinitaire

-         la consécration ( comme acte de don de soi effectué ) et la communion ( comme union  au Christ)

 

Que les attitudes soient celles de l’eucharistie  comme l’organisation des lieux,

relation à l’autel et à la  Parole

 

Que l’eucharistie soit gardée et adorée là où l’eucharistie est régulièrement célébrée -

( question nécessairement posée là où l’eucharistie n’est célébrée que de temps à autre dans l’année) – la relation à l’eucharistie ne peut pas être rendue insignifiante.

«  Les fidèles lorsqu’ils adorent le Christ présent dans le Saint Sacrement doivent se rappeler que cette présence dérive du sacrifice et tend à la communion tout à la fois sacramentelle et spirituelle »

Instruction sur le culte eucharistique n° 50,citée dans la lettre de Jean Paul II de Juin 1996 .

 

      3 / DES  EXPRESSIONS VARIEES DU RAYONNEMENT EUCHARISTIQUE

 

Il faut d’abord relever la grande attention et vénération accordée aux espèces eucharistiques ;

ce fait est permanent et général au long de l’histoire .

 

La communion portée aux absents ( comme également le fait de prendre le pain eucharistique pour se communier soi-même aux premiers temps de la vie de l’Eglise, et notamment  au temps des persécutions ) . Plusieurs auteurs en témoignent : Justin -150 ( malades) , Tertullien - 230 Carthage, ( communion domicile,) Hippolyte -  215 ( communion quotidienne, à jeun chez soi le matin ).Pratiques connues jusqu’au VI°-VII°,supprimées suites aux abus .

 

la Réserve eucharistique : de la pyxide au VII° à la garde au tabernacle fixé sur l’autel –obligée et générale après le concile de Trente.

 

Le développement du culte eucharistique proprement dit, n’étant pas sans relation à son commencement avec le débat théologique ( occidental ) au sujet de l’Eucharistie

-         importance bien connue du « voir l’hostie » et l’élévation de l’hostie 1200

-         la Fête-Dieu ( Liège 1246, généralisation Eglise latine 1264/1317). Saint Thomas d’Aquin composa les textes de cette messe dont l’hymne du « lauda Sion »

-         l’adoration avec l’ostensoir ( XIV°-XV°) , les 40 Heures ( 1527-1575), les Saluts au Très Saint Sacrement au XVII° ( Saluts du TSS largement partiqués au XIX°) ;

au XVIII° se développe l’adoration-réparation .

l’Adoration perpétuelle développée en France après 1830, l’adoration nocturne , etc…

-         les processions : procession de la Fête-Dieu, 1250, 1350

-         les congrès eucharistiques ( le 1er en 1881).

 

Plusieurs siècles sont des siècles » eucharistiques » - XVI°-XVII°, XIX°

Tout à la fois , il s’agit de pratiques cultuelles , de sensibilités religieuses , de « mœurs » traduisant une expérience spirituelle de la foi et de l’eucharistie.

La spiritualité française articule fortement : Incarnation-Eucharistie.

Un grand nombre de familles religieuses ( congrégations religieuses) ont eu spiritualité eucharistique .

Au temps du Concile Vatican II ,Paul VI a écrit « Mysterium Fidei » - lettre encyclique sur la doctrine et le culte de la Sainte eucharistie » 3-2-1965

 

Aujourd’hui, nous assistons – à nouveau- à un regain de l’adoration eucharistique ( dimension contemplative, « s’exposer » au  Christ) .

 

Les repères théologiques , liturgiques et pastoraux nous sont donnés avec le :

Rituel de l’eucharistie en dehors de la messe

 

D’autres documents  sont aussi très utiles à considérer :

l’Instruction «  Eucharisticum  Mysterium » ,Paul VI , 1967

Lettre de Jean Paul II  , « Dominicae Caenae », 1980

 

Orientations :

Qu’il y ait une connexion étroite entre l’eucharistie célébrée et le culte eucharistique,

une unité et une continuité ( harmonie)

en ce qui concerne la compréhension de la réalité de la présence ( l’une ne peut avoir plus ou  moins d’importance que l’autre  selon qu’il s’agisse de l ‘eucharistie ou du culte eucharistique)

-         éviter et dépasser la dichotomie entre la messe et le culte eucharistique

-         ne pas avoir de mises en œuvre qui indiquerait une différence de reconnaissance.

Ceci est expressément dit par le rituel – nettement et clairement (cf cierges et génuflexions  )

-         réorienter la piété eucharistique du peuple chrétien dans un sens théologique &

liturgique .

 

« La Messe est une mystagogie du culte eucharistique ,

   Le culte eucharistique est une mystagogie de la célébration eucharistique »

            ( réflexion de Joan Maria Canals 1995, Rome)

(NDLR mystagogie = enseignement  concernant l’expérience chrétienne vécue à partir de la signification et de l’agir symbolique des rites sacramentels célébrés),

 

 

Importance de la justesse et des approfondissements à entreprendre pour une cohérence :

- de ce qui est cru, confessé dans la foi,

- de ce qui est mis en œuvre dans la célébration,

- de ce qui est vécu.

 

« la présence permanente du Christ sous le signe du pain et du vin est en effet conséquence et fruit de l’eucharistie »

vivre l’adoration eucharistique en tenant compte de l’eucharistie célébrée ou à célébrer ( plus facilement de l’eucharistie célébrée ,  car alors l’eucharistie appazraît comme source ) 

Mémorial réel du Salut présent

Présence donnée qui demande à être accueillie dans la foi

                    Sacrement du passage au Père ( repas pascal)

Avril 2002


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