Mariage : sacrement ?   



 

 le sacrement de mariage

 

le mariage devenu sacramentel

 

situation de 2 baptisés & situation d’un baptisé et d’un non-baptisé

 

Il est plutôt courant de dire que le mariage d'un baptisé avec une personne non baptisée n'est pas sacramentel...même si cela n'est pas partagé par tous .

 

Ceci s'appuie sur la signification du mariage dans le Christ pour 2 disciples de Jésus , baptisés dans la Pâque du Christ.

C'est bien ainsi que le mariage est pleinement sacramentel ( si l'on préfère ...)

 

 Il faut distinguer :

a ) le « mariage valide » selon les  fondements   (les 4 piliers : liberté , unité –fidélité  et indissolubilité , fécondité )  et célébré conformément aux   conditions de forme ecclésiale i.e. selon les conditions du droit de l’Eglise ( mariage devant l’Eglise pour 2 catholiques , qualification du ministre  , accord de l’Eglise quant aux situations soumises à une demande de dispense) . C’est selon cette approche qu’on parle généralement du sacrement de mariage comme forme de mariage célébré dans la foi de l’Eglise, pris dans la bénédiction de Dieu..

 

b ) et la réalisation sacramentelle  - fruit du sacrement conféré - qui prend corps dans la vie des époux dans leur existence même  , quotidienne  et  commune.

même là où 2 baptisés n'avaient pas une vive conscience de la profondeur du sacrement , leur union est appelée en permanence à être configurée au Christ ,à la pleine réalisation sacramentelle .

( conversion de chacun et commune  au Christ  d'où réalisation présente , consentie d’une part  et en devenir d’autre part  )....d'où l’attention à la dimension de croissance de la réalité sacramentelle  et  à son inscription dans l'histoire concrète de la relation des époux et de la vie familiale ).

 

Nous avons ici  une approche habituelle des sacrements . 

Dans tout sacrement  on distingue :

Ø      le signe , acte de célébration

Ø      le sacrement  = l’acte sacramentel (qui rend effectivement présent le don dans l’eucharistie ou signifie ce don sanctifiant dans les autres sacrements)

Ø      la réalisation sacramentelle , notre vie sanctifiée par le don et la communication de Dieu qui se donne .

Le sacrement n’atteint sa pleine réalisation qu’avec le troisième temps . Il en est ainsi

en ce qui concerne notre participation à l ‘eucharistie , dans le sacrement de Réconciliation , dans le mariage, etc… .C’est moins une approche  chronologique, d’action différée que de la réalité d’une vie saisie par ce qu’elle célèbre ,par le don qu’elle reçoit . Chez certains ce peut être dans un consentement et une conscience immédiate dirions nous , pour d’autres c’est un long chemin de conversion…sans oublier la permanence de la réponse à vivre .

 

 Xavier Lacroix (cf Lourdes 2002) souligne qu'on ne peut pas tout à fait se satisfaire aujourd'hui du discours tenu sur le mariage comme signe  (pour traduire la réalité sacramentelle cf « vous êtes signes de l’amour du Christ et de l’Eglise »), mais demande de mieux souligner le  don symbolisé, accueilli, reçu, reconnu, vécu dans l'existencele don signifié avant de devoir être signifié.

 

 

 Il conviendrait sans aucun doute de ne pas  perdre de vue des dimensions du mariage sanctifié par le Christ :

·        l’amour sauvé, transfiguré dans la Pâques du Christ – blessures (du péché)

·        un enracinement baptismal de la vie conjugale et familiale

-         tout ce qui est à vivre dans l’espérance de la vie est symbolisé dans le baptême mort-résurrection

la réalité du sacrement renvoie à un vécu pascal  des époux cf supra

 

La réflexion actuelle au sujet du  mariage (l’apport notamment du Pape Jean Paul II) élève à l'évidence la compréhension du mariage. Ceci n'est pas  sans affiner la compréhension sacramentelle du mariage .

 

Il y a de multiples raisons :

 - le rapport de la nuptialité (l’amour d’alliance entre les époux et son lien  (réciproque)

Ø     à l'Eglise ( relative au Christ , « épouse » du Christ, non confondue avec lui, mais unie à lui, riche de son don )

Ø     et à l'eucharistie (sacrement du don  , sacrement d’alliance nouvelle et éternelle. »(Ceci est mon corps livré pour vous , mon sang versé»)

Il y a aujourd’hui une compréhension « ecclésiale » (au sens sacramente ) du mariage. Il y a aussi une compréhension eucharistique.

Tout baptisé est invité à ouvrir sa vie à cette réalité du don sacramentel

pour qu’il devienne la réalité même de sa vie ( «  c’est le Christ qui vit en moi »)

 

Tout cela  n'est pas sans contribuer à cette élévation .

 Nous nous trouvons  à une nouvelle étape du renouveau de la spiritualité

 et de la  théologie du mariage .

 

 

Ceci éclaire la situation d’un mariage d’un baptisé  avec un non baptisée.

·        Le sacrement est bien célébré,

 comme forme liturgique signifiant Dieu se communiquant à nous dans le Christ. ce mariage a une validité ecclésiale selon le sens du mariage  de l’Eglise  (engagement d’alliance dans un don et amour indéfectible) …Il appartient déjà  à l ’ordre de la grâce ( cf dimension « créationnelle » du mariage , 1ère étape de l’ alliance » car le  sacrement ne peut advenir qu’avec la réalité humaine vécue selon  le dessein de Dieu. Il   comporte déjà une « certaine » dimension sacramentelle en tant qu’il est annonce de l’alliance du Christ et de l’Eglise

 

 

·        mais la réalisation  sacramentelle ne se trouvera pleinement présente que  

dans la conscience de deux baptisés vivants en  Jésus Christ, vivants de lui : c’est à dire dans un mariage , une communauté de vie nouée par l’être baptismal , dans une communion au Christ expérimentée , dans la mort à soi même pour recevoir et témoigner d’une autre vie , pour faire vivre).

 

Le baptême les faits être uns dans le Christ, par le don - non qu’ils se font d’abord , mais par le don qu’ ils reçoivent  et dont ils vivent (dans l’appartenance au Christ signifiée et engagée par le baptême ).

 

Ceci se vérifie  en ce qui concerne le mariage d’un catholique avec un catéchumène (qui est déjà pour une part membre de l’Eglise, mais   n’est pas  encore un  baptisé, membre vivant du corps du Christ) ; le mariage devient sacramentel lors du baptême (de l’initiation chrétienne) du catéchumène i.e. de son incorporation( par le baptême, la chrismation –onction et l’ eucharistie) au Christ et à l’Eglise.

Cette réalité  spirituelle n’appelle pas d’autre forme de célébration , pas même un renouvellement du don . Le don c’alliance se vit dorénavant dans le Christ .

 

On le vérifie encore dans la liberté que l’Eglise se reconnaît par rapport à la possibilité de dissoudre un mariage non-sacramentel au profit d’une réalisation sacramentelle entre 2 baptisés ..Ceci indique bien la situation  de chacune de ces unions , moins en terme de niveaux  que de modalités de réalisation : la valeur absolue du mariage vient de l’intégration de la réalité humaine  des baptisés dans le mystère de l’amour du Christ .

CT

 


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