Noël   



 

 

25 Décembre : Noël

 

 

Longtemps la seule fête chrétienne  hors le dimanche (célébration de la Pâque dominicale, attestée dans les Ecrits du Nouveau Testament dans les années 55, rapportant une tradition établie) est la Pâque annuelle qui commémore l’événement de la mort et de la résurrection du Seigneur, attestée vers 150.

Ce n’est qu’au IV°, dans la même époque que le concile de Nicée (325) que les fêtes de Noël apparaîtront, de manière spécifique en Orient et à Rome. Le débat théologique portait alors sur le Christ, sa personne, sa nature humaine et sa nature divine et leur unité. C’est dans ce contexte qu’on célèbrera Dieu qui s’est manifesté, Dieu venu en notre chair.

La fête Natale, le 25 décembre apparaît à Rome vers 330, alorsqu'en orient à la même époque, apparait l'Epiphanie (fête epiphanique, théophanique) le 6 janvier.

C’est donc de l’intérieur  de la foi chrétienne que surgit cette fête (et des hérésies en cours) et non d’un contexte hétérogène de relation d’opposition aux païens, à leur cultes, à leurs mythes, comme cela est dit et répété par des historiens des religions dans une compréhension par trop réductrice (voire simplificatrice). On ne saurait comprendre l’apparition de ces solennités en les situant exclusivement dans le registre culturel et de l’inculturation, d’anti-fête ou de contre-fête. Sans que cela soit exclu,  il y a des aspects propres qui demandent à être considérés. Un perspective apologétique chrétienne est sans doute première par rapport au « choc des cultures » décrit.  

 

crèche 2008 de 31340 Sayrac

Pourquoi le 25 décembre :

Il y a 2 traditions et 2 lectures  :

- le 25 décembre  et le solstice d’hiver (lecture symbolique et apologétique)

Si la venue de Dieu est un évènement de l’histoire relevant de la chronologie (les éléments fournis dans les évangiles conduisent les historiens à dater la naissance du Christ dans les années - 6 de notre ère, sans possibilité de dater cet événement de la naissance  de manière plus précise,comme cela s'est souvent produit au cours du temps) sa commémoration s’appuiera sur des éléments symboliques : le solstice d’hiver. Celui-ci  vient annoncer le retour du soleil, le retour de  la vie par rapport à l’emprise de la nuit particulièrement ressentie progressivement jusqu’alors, en cette période où les jours sont les plus courts de l’année. Voici que le jour va gagner sur la nuit. C’est une renaissance qui s’amorce. Bien des civilisations ont cette expérience et ce vécu symbolique.

Rome connaissait à la fois les traditionnelles saturnales en l’honneur  de Saturne, dieu des semailles et de l’agriculture, célébrées durant la période du 17 au 24 décembre mais aussi  la fête du sol invictus venue  d’orient [à Rome en 274], lors du solstice d’hiver fixé au 25 décembre sous Aurélien, célébrant le dies natalis, la naissance du dieu soleil.  Le solstice d’hiver était ainsi l’occasion de fêtes.  La lumière, le soleil y tiennent une place importante.

Les cultes venus d’orient qui avaient renouvelé les attentes religieuses des romains, se trouvent en concurrence avec  la nouvelle religion qui apparaît. Les uns et les autres utilisent les mêmes matériaux symboliques. Peut-être, en effet, le christianisme s’oppose-t-il ainsi  aux religions des païens, mais surtout, cet emprunt à la symbolique solaire, lui permet-il de développer une lecture théologique qui trouve sa source dans la Bible (ici l’ ancien Testament) : le messie annoncé et attendu instaurera un jour nouveau –« jour du  Seigneur » ; il se lèvera comme Soleil de justice…le cantique de Zacharie lors de la naissance de Jean Baptiste chante l’Astre d’en-haut qui vient nous visiter ». Le Christ est notre soleil levant.   Sans doute sera-t-il plus approprié de dire que le Christianisme inscrit le Christ au cœur du temps. Il devient le centre et la clef de l’Histoire. Il se propose le véritable ‘’levant’’… ne dit-on pas que Marc-Aurèle au jour de sa mort donnait cette consigne et ce mot de passe « Va vers le soleil levant ». Le Christ conduit l’humanité vers une nouveauté de vie. Le  cantique de Siméon, reconnaitra le Christ comme la lumière qui se révèle aux nations.

Par ailleurs l'Adventus Divi (epiphania) célébrait la venue annuelle de la divinité dans son temple (solemnis). Cette célébration s'étendra à l'empereur (divin). Les chrétiens réemployant cet élément religieux célèbreront Dieu qui vient habiter l'humanité (celle-ci devenant le temple de Dieu).

- Une lecture  liturgique et théologique liée au 25 mars 

Dans des régions appelées d’Asie (Turquie actuelle) l’avènement du Christ va être fêté au 25 mars, jour  qui correspond en ces lieux à la date du commencement de l’année coïncidant avec  toutes à la fois la Pâque du Christ  [la mort de Jésus], la création du monde et la naissance de Jésus. Le christianisme marquera sa compréhension du temps en célébrant  ce jour du 25 mars la venue du Christ dans la chair, dans cet avènement caché lors de l’Annonciation du Seigneur. Sa naissance intervient 9 mois plus tard le 25 décembre. Ici  Noël est la conséquence d’une autre date et d’une autre clef (théologique) :  le 25 mars. Cette approche toujours connue a été rappelée ces dernières années par l’historien Robert  Talley.

 

Talley, les origines de l’année chrétienne,  page 104

 

Le culte de mythra ou du sol invictus Elagabal s’installe à Rome. Ni l’un, ni l’autre ne semble avoir comporté une fête publique au solstice d’hiver et l’importance particulière de ce jour doit être attribuée à la tentative d’Aurékien en vue de renforcer le culte du sol invictus comme religion typiquement romaine, en opposition avec l’orientalisme bizarre (selon les critères romains) du culte syrien du sol invictis Elagabal, apporté à Rome par le jeune empereur Hélagabal.

Le sol invictus se proposait d’embrasser tous les cultes de l’empire. Ce monothéisme solaire.

Constantin a une dévotion pour le culte du soleil d’Aurélien est cependant une menace syncrétiste.

On doit critiquer la simple adoption chrétienne du 25 décembre de la solennité païenne romaine du natalis solis invicti .

Il s’agit plutôt d’une lecture symbolique du Christ soleil de justice  Mal 3,20.

 

Divers auteurs prennent la date du 25 mars comme la date historique de la passion, un vendredi qui était aussi le 14° jour de la lune ; date étant la Pâque (et l’équinoxe de printemps) elle est considérée comme le 1er jour de la création

(page 106).

 

L’association du Christ avec le soleil sur la base de la prophétie de Malachie pourrait avoir encouragé encore davantage l’adoption par les chrétiens de la fête d’Aurélien, une fois celle-ci instituée – page 107.

 

 

MARTYROLOGE DE NOËL

 

Depuis la création du monde,

quand Dieu au commencement tira du néant le ciel et la terre,

l'an cinq mille cent quatre-vingt-dix neuf;

depuis le déluge, l'an deux mille neuf cent cinquante-sept ;

depuis la naissance d'Abraham, l'an deux mille quinze ;

depuis Moïse et la sortie du peuple d'Israël de la terre d'Égypte, l'an quinze cent dix;

depuis le sacre du roi David, l'an mille trente-deux ;

dans la soixante-cinquième des semaines d'années prédites par le prophète Daniel ;

dans la cent quatre-vingt-quatorzième olympiade ;

dans la sept cent cinquante-deuxième année de la fondation de Rome

et la quarante-deuxième année de l'empire d'Octavien Auguste ;

tout l'univers reposant dans la paix ;

au sixième âge du monde,

Jésus-Christ,

Dieu éternel,

 et Fils du Père éternel,

voulant sanctifier le monde par son miséricordieux avènement,

ayant été conçu du Saint Esprit,

et neuf mois s'étant écoulés depuis sa conception,

naît à Bethléem de Juda,

fait homme de la Vierge Marie :

La Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ selon la chair.

 

 

 

 


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