Paques   



 

 

DATE DE PAQUES

 

 

"Comme le printemps se lève sur nous un jour nouveau"

 

S’il y a bien quelque rapport d’origine entre Pâque et une fête de printemps, puisque la Pâque juive[1], en devenant une fête historicisant les évènements du Salut – Dieu intervenant en faveur de son peuple lors de l’événement de la libération d’Egypte, tirait son origine de 2 fêtes printanières célébrant les premiers agnelages, les premières récoltes, moissons de blé. Elle se célébrait le 15 du mois de nissan[2]

 

Tout y est premier comme commencement et comme don dans un accomplissement de l’alliance.

 

La Pâque du Christ s’inscrivant dans la Pâque juive apparaît comme un autre printemps annonçant le surgissement d’une vie nouvelle ; la vie triomphe de la mort.

Mais la Pâque du Christ n’est pas une fête symbolique et cosmique. Elle ne célèbre pas un mythe ; elle célèbre un événement réel de l’histoire – donc daté, l’événement qui est à la source de ce surgissement : sa mort et sa résurrection. Evènement fondateur. Evènement sur lequel repose la foi des chrétiens. On  n’est donc pas dans l’ordre d’une fête « idéologique » (i.e. célébrant par exemple le renouvellement de la vie). Dés lors il ne s’agit pas d’établir une correspondance entre le printemps et son apparition dans les divers hémisphères. 

 

La date de la Pâque chrétienne dépend donc du jour où l’on situe la mort de Jésus et sa propre Pâque. Or les évangiles l’indiquent, avec quelques différences, ils situent la  mort de Jésus en croix la veille de la Pâque, veille de sabbat[3], cette année-là, la  Pâque coïncidant avec un jour de sabbat.

-         veille de la Fête de Paque : soit le 14 du mois de nissan,

-         veille de sabbat : ceci permet d’envisager, en fonction de diverses données, le  7 avril 30 ap JC.

 

Comment calcule-ton la date de Pâque ?

 

q       La fête annuelle  peut être repérée à partir des années 120. Elle fait l’objet de pratiques différentes qui vont  se trouver en litige : les quartodécimans, ceux qui célèbrent la Pâque du Christ  en relation avec sa passion et sa mort (relecture johannique) au jour du 14 nissan, au jour même de la mort du Christ, ces communautés se trouvent en Asie mineure, Turquie actuelle et les autres communautés célèbrent la Pâque du Christ, sa résurrection, le dimanche qui suit le 14 nissan. Deux traditions théologiques.

q       Fête mobile puisque la fête juive de Pâque  s’inscrit dans un calendrier lunaire de 29 à 30 jours.

q       En 325 le concile de Nicée fixe la règle : la Pâque chrétienne est célébrée le premier dimanche qui suit la première pleine lune de l’équinoxe de printemps.

« la célébration de la fête de Pâques se ferait le premier dimanche après le quatorzième jour de la lune du premier mois, en sorte néanmoins que ce quatorzième jour de la lune tombant un dimanche, on attendît au dimanche suivant, c'est-à-dire sept jours après. Déclarant que ce premier mois était celui dont la quatorzième lune tombait au jour de l'équinoxe de printemps, ou immédiatement après ».

q       Les dates extrêmes se trouvent entre le 22 mars et le 25 avril. En 2008 le 23 mars se présente donc comme la seconde date disponible….avec ce sentiment partagé, « Pâques cette année est bien tôt »

 

 

Pourquoi les chrétiens ne célèbrent-ils pas Pâques le même jour?

 

q       Les chrétiens ont eu une fête commune jusqu’à la réforme du calendrier par le Pape Grégoire XIII en 1583 : le calendrier grégorien. Les pays d’orient n’adoptent pas cette réforme. Ils vont donc se trouver avec une différence actuellement de 13 jours[4]  qui va donc avoir des répercussions dans la situation des jours par rapport à la lune de l’équinoxe de printemps.

q       Les Eglises orthodoxes ont gardé l’usage ancien et le calendrier julien, réformé[5] en 1923 (leur calendrier signale chaque pleine lune avec un retard de 5 jours). C’est ainsi qu’une variation existe bien souvent. Parfois il arrive que la date coïncide[6]. C’est alors un véritable bonheur que de célébrer ensemble, le même jour, l’événement qui est le fondement de notre foi : Christ est mort pour nous. Il est ressuscité.

q       En 2008 les Eglises orthodoxes célèbrent Pâque le 27 avril.

 

Une date commune ?

Un témoignage commun serait donné si on arrivait à trouver une date commune.

C’est aujourd’hui un désir de toutes les Eglises.

Le pape Jean-Paul II avait exprimé son désir à ce sujet et son accord de principe pour une réflexion. Les autres frères chrétiens partagent ce désir. Mais les requêtes d’aujourd’hui ne peuvent et ne savent bousculer le poids de l’histoire et le vécu profond des peuples[7] (tout calendrier structure l’histoire personnelle et collective  et participe à l’identité des peuples; toute variation n’est dons pas tout à fait secondaire et sans effet). Les chemins parcourus ensemble  pourront permettre cette unique fête, chant uni de l’Eglise au Christ glorieux,  notre espérance et notre vie.

Vous pouvez consulter : http://www.louisg.net/E_Nicee.htm

ou http://www.oikoumene.org/fr/documentation/documents/commissions-du-coe/foi-et-constitution-commission-de/i-unite-leglise-et-sa-mission/questions-frequemment-posees-a-propos-de-la-date-de-paques.html



[1] La Pâque juive est une commémoration religieuse  d'une durée de 7 jours (8 jours en dehors d'Israël) en souvenir de l'exode et la libération des Hébreux de l'esclavage en Égypte. Cette fête se déroule du 14 au 22 du mois de Nissan du calendrier hébreu.

[2] La Pâque juive cette année,15 nissan 5768  sera célébrée du dimanche 20 avril au dimanche 27 avril 2008. 

[3] D'après les calculs astronomiques, la fête de Pâque ne tomberait le sa­medi que trois fois, les années 27, 30 et 33.

Jésus serait donc mort le 7 avril 30 veille de pâque le 8 avril.

[4] Jusqu’en 2099. Il y aura alors 14 jours de décalage.

[5] Excepté pour la Russie, absente de cette consultation pour les circonstances  historiques connues.

[6] Ce fut vrai en 2007. Ce le sera en 2011,2014, 2017….Il peut y avoir jusqu’à 5 semaines de différences.

[7] Ainsi la question n’est pas à l’ordre du jour dans l’Eglise orthodoxe russe.

 

Talley

 

Pâques et retour du Christ

Une tradition ancienne antérieure à l’institution du temps de l’Avent affirme que le Seigneur viendra pour le jugement dernier au milieu de la « grande nuit de pâque cf  apologiste Lactance en 310 « elle est doublement sainte cette nuit bénie. Car c’est en elle que le Seigneur après sa passion est revenu à la vie et c’est aussi en elle qu’il viendra prendre possession de sa royauté sur tout l’univers. » Divines institutions 7,19

Cf Tertullien , Traité du Baptême, ch 19

St Jérôme fait remonter cette tradition aux apôtres : «  La tradition des juifs tient que le messie viendra au milieu de la nuit, à la ressemblance du temps de l’Egyprte, quand fut célébrée la Pâque… de là, je pense, vient la tradition apostolique, qu’il n’est pas permis le jour de la vigile de Paques, de renvoyer le peuple avant le milieu de la nuit, dans l’attente de la venue du Christ (commentaire Mt 4,25,6)

 

Il faut savoir, à ce propos, qu'il existait alors en Israël une attente d'un retour du Messie au moment de la Fête de la Pâque, retour dont on pensait qu'il serait accompagné d'une reprise par Dieu du don de la "manne". Justin développera longuement la théorie des deux parousies, à savoir la première venue dans l’humilité et la seconde dans la gloire : les promesses des prophètes ne se réaliseront pleinement qu’au retour glorieux du Christ (Dialogue avec Tryphon 14,8 ;31...).

 

 


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